Portrait

Béatrice Santais, sous le soleil exactement

Alors qu’elle clôturait les 8es Rencontres nationales énergie et territoires ruraux, Béatrice Santais avait presque la larme à l’œil. Il faut dire que s’achevait alors un an de travail et de coopération entre les services de sa mairie de Montmélian et de sa communauté de communes, Cœur de Savoie, et de nombreux bénévoles animés par l’enthousiasme de l’élue.

PAR CHRISTEL LECA - OCTOBRE 2018
Béatrice Santais et son équipe au moment de la clôture des rencontres Tepos. © C. Leca

Fille et petite-fille d’élus locaux, Béatrice Santais a baigné dès son enfance « dans la chose publique, la politique dans ce qu’elle a de plus sympa ». C’est tout naturellement qu’elle adhère aux Jeunesses socialistes à 16 ans et qu’elle se lance dans le droit public à l’université de Grenoble. Sa carrière débute à la mairie d’Annemasse (directrice des finances) et se poursuit à Chambéry (directrice des marchés publics). Dès 2001, elle devient conseillère municipale de Montmélian, sa ville natale, sous la houlette de son père de maire, Roger Rinchet, auquel elle succède en 2008 (elle sera réélue en 2014). Entre-temps, elle aura été conseillère générale (élue en 2004 et 2011), députée (2012) et présidente de la communauté de communes Cœur de Savoie (2014).

À Montmélian, elle a poursuivi la politique de son père. Celle-ci est basée sur le développement économique avec Alpespace, un parc d’activités lancé en 1990, la construction de logements (avec un taux de 50 % de logements sociaux aujourd’hui) et les énergies renouvelables. Dès 1983, la commune optait pour l’énergie solaire thermique lors de la réhabilitation de son centre nautique et sportif. Depuis, elle équipe progressivement l’ensemble de ses bâtiments, réalisant une étude de faisabilité « solaire » pour chaque nouveau projet communal. Associés aux travaux d’efficacité énergétique, ces équipements ont par exemple permis de réduire de près d’un tiers la consommation de gaz naturel de la commune sur son patrimoine de 2010 à 2014. La ville est labellisée Cit’ergie depuis 2007.

Emploi et épanouissement

« Nous avons eu la chance d’hériter de nombreux équipements publics en bon état qui permettent aux gens de s’épanouir », explique l’édile, « parce que le développement durable, c’est avant tout cela : que les gens trouvent un travail et qu’ils puissent faire du sport, se cultiver, aller à la piscine ou à la médiathèque, que leurs enfants soient bien accueillis à l’école, etc. Nos projets sont aujourd’hui dans le champ de l’urbanisme et de la construction de logements afin d’attirer tranquillement de nouvelles populations. »

Leitmotiv solaire

Au-delà du solaire, que la Ville continue d’implanter sur toutes ses constructions ou réhabilitations, Béatrice Santais et son équipe ont à cœur de créer un réseau de chaleur. Mais les investissements sont importants et « il faut proposer aux habitants un prix au kWh attractif. Or, avec la transformation des subventions du Fonds chaleur en avances remboursables, nous ne sommes plus compétitifs. Le projet risque d’être abandonné, peut-être temporairement, si nous ne trouvons pas une solution rapidement. »

Et de conclure : « la transition énergétique passe d’abord par les territoires, certes, mais ils ont besoin de l’État et de l’Europe. On ne pourra pas faire cette révolution sans aide financière. »

Montmélian, en transition

Dans le département de la Savoie et la région Auvergne-Rhône-Alpes, Montmélian s’étend sur 5,7 km² et comptait 4 223 habitants en 2007, un chiffre en hausse de 7,5 % par rapport à 1999. C’est une commune du parc naturel régional du massif des Bauges et le siège de la communauté de communes Cœur de Savoie (43 communes et 34 000 habitants). En 2014, l’Agence internationale de l’énergie lui a remis le prix Solar Heating & Cooling pour la politique qu’elle mène depuis plus de trente ans dans le domaine du solaire thermique. Elle s’est vue attribuer la même année le label Territoire vélo par la Fédération française de cyclotourisme, notamment pour ses 960 m de bandes cyclables, ses 2,4 km de pistes cyclables et ses projets de transformer la gare en pôle multimodal et d’étendre la véloroute des Préalpes dans la commune.