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Contrat de transition écologique : la Corrèze tire son épingle du jeu

La Corrèze était l’un des départements volontaires du 1er appel à candidatures pour expérimenter les contrats de transition écologique (CTE) mis en place par le ministère de la Transition écologique et solidaire l’an dernier. Il a signé son CTE le vendredi 14 juin 2019.

PAR ARTHUR CHAMBOREDON - JUIN 2019
Corrèze transition écologique © Département de la Corrèze

« Une transition écologique pour et avec les Corréziens, pour renouveler les façons de produire, de consommer, de travailler, de se déplacer et de vivre ensemble » : l’ambition du département est à la hauteur du défi. Le contrat de transition écologique (CTE) de la Corrèze a été co-construit sur plusieurs mois par le département, les deux communautés d’agglomérations et les sept communautés de communes corréziennes, ainsi que le parc naturel régional de Millevaches en Limousin, qui couvre une grande partie du département. La Corrèze devient ainsi le premier département à signer un CTE.

Un cadre à la transition écologique

Ce nouveau contrat s’étend sur une durée de quatre ans, jusqu’en juin 2023, et engage entre autres l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine, le département et l’Ademe. L’objectif affiché est de valoriser les atouts du territoire – son agriculture, ses forêts, son environnement – afin de faire émerger des actions en faveur de la transition écologique sous des formes variées (énergies renouvelables, agriculture durable), et de donner une plateforme aux projets existants. Le CTE donne ainsi un cadre à la transition écologique.

Un comité de pilotage, épaulé par un comité technique, sera en charge de la gouvernance du contrat et effectuera entre autres le suivi et le pilotage des actions qui y sont inscrites, ainsi que des évaluations annuelles. Les deux comités, coprésidés par l’État et le département, devront par ailleurs dresser un bilan à mi-parcours (soit en 2021) de différents indicateurs (puissance installée pour la production d’électricité renouvelable, nombre de bornes de recharge pour les véhicules électriques, nombre d’exploitations agricoles ayant engagé des démarches vers une agriculture durable, etc.) afin de maintenir le CTE sur sa trajectoire. Ces évaluations et bilans permettent de garantir la qualité et la vitesse de mise en place des actions.

111,5 millions d’euros pour la transition

Côté financement, 25 millions d’euros sont déjà prévus pour les actions inscrites au CTE (des fonds provenant de l’État, de la Région et du département, mais aussi d’acteurs privés), tandis que 86,5 millions d’euros supplémentaires seront investis dans 390 projets, labellisés « Corrèze transition écologique », portés par les communes et intercommunalités, soit un total de 111,5 millions d’euros pour la transition écologique dans le département, le tout coordonné par le département, qui participe à hauteur de 18 millions d’euros sur quatre ans.

Cette “mobilisation générale” pour la transition a pour but – au-delà du développement durable – de produire des retombées économiques, des emplois, et un progrès important de la mobilité dans un cadre rural. Parallèlement au programme « Corrèze transition écologique », le département participe aussi au désenclavement de son territoire à travers un plan qui prévoit la connexion de 100 % de sa population à la fibre d’ici 2021.

25 actions réunies en 4 orientations stratégiques

Le CTE axe ses objectifs en quatre orientations stratégiques, qui regroupent l’ensemble des actions et des acteurs : le développement des énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétiques, la mobilité durable en milieu rural, et la gestion durable et solidaire des ressources locales afin de créer et maintenir des emplois.

Parmi les actions mises en avant par le CTE, figurent la création d’une société d’économie mixte (SEM), Corrèze énergie renouvelable, dont le but est de favoriser le développement du photovoltaïque, de la méthanisation, de l’hydroélectricité et de l’hydrogène décarboné, ainsi que la création d’une filière “porc biologique”, la promotion des circuits courts en agriculture et la réduction des traitements phytosanitaires dans la pomiculture. Les actions inscrites dans le CTE valorisent les ressources locales du territoire, en misant sur la filière agricole notamment. Le 9 juillet seront annoncés les lauréats du deuxième appel à candidatures pour les CTE, qui avait été ouvert le 2 avril dernier. La participation importante (127 candidatures au total, parmi lesquels 40 lauréats seront retenus) laisse entrevoir un avenir prometteur pour ce dispositif.