Le tour de la question

Coopératives solaires en milieu urbain : mode d’emploi

Retour sur une première expérience d’installations photovoltaïques citoyennes en milieu urbain avec le président de l’association Toits en Transition, à l’heure de l’inauguration d’un dixième toit solaire dans la métropole lyonnaise.

PAR CHRISTEL LECA - SEPTEMBRE 2018
Les toits en transition sur l’école Gauguin à Grigny ©Toits en Transition

Dix installations photovoltaïques, pour un total de 500 m2, sur les toits de neuf communes du Rhône, pour une production de 105 000 kWh/an et un budget de 270 000 euros : tel est le bilan de Toits en transition à cette heure. Après avoir bataillé pendant deux ans pour trouver son modèle et ses partenaires, l’association a créé en 2016 une coopérative citoyenne, Un deux toits soleil (UDTS) au statut de SAS. Elle a trouvé 70 000 euros de subventions régionales, contracté un emprunt bancaire de 105 000 euros et levé 100 000 euros de financement citoyen. Six mois ont été nécessaires pour ce dernier poste, réalisé sans plateforme. « Notre trésorier avait la compétence et le temps de s’en occuper, sachant que pour une somme si “petite”, une plateforme nous aurait coûté trop cher », précise Jean-Marc Denise, le président de Toits en transition.

Un élu, une agence locale et des bénévoles : trois piliers

Ce militant des énergies renouvelables, ancien salarié d’Hespul et correspondant local d’Enercoop dès 2008, avoue avoir passé beaucoup de temps, bénévolement, sur cette opération, comme les autres administrateurs de l’association. « Il est important aujourd’hui de trouver de nouveaux bénévoles pour prendre le relais. » Pour lui, trois piliers sont indispensables à ce type de projet : des bénévoles motivés, l’aide technique d’une agence locale de l’énergie (Alec) et des élus. « Bruno Charles, vice-président de la Métropole [de Lyon, ndlr], nous a soutenus dès le départ. La Métropole nous a attribué un toit et a écrit à toutes les communes pour signaler nos besoins. Elle est aujourd’hui sociétaire de la SAS et Roland Crimier, vice-président à l’énergie, est membre du conseil de gestion d’UDTS. »

Des avantages pour les collectivités locales

Les dix toits sur lesquels ont été installés les panneaux photovoltaïques sont publics : des écoles à Grigny, Pierre-Bénite, Villeurbanne, Bron, Corbas, Rilleux-la-Pape et Lyon, la MJC de Sainte-Foy-lès-Lyon et la Maison de la Métropole à Saint-Fons. La motivation des communes ? « Répondre aux objectifs du plan climat métropolitain sans que cela ne leur coûte rien, fédérer les citoyens du territoire, créer une dynamique autour de la transition énergétique et communiquer : des élus nous ont demandé si les toits seraient prêts avant les prochaines élections », précise Jean-Marc Denise. Plus faciles à mobiliser que des toits privés, les toits publics ont cependant nécessité des études techniques et des autorisations, notamment de la part des services d’incendie, « réticents au photovoltaïque ». Autre contrainte : l’obligation de publicité des collectivités locales avant la signature de la convention d’occupation temporaire. « Au cas où d’autres auraient eu la même idée. Nous nous positionnons sur des projets que le système marchand ne prendra pas en charge, les rendements étant trop bas. Si des toits nous échappent parce que des projets similaires se montent, tant mieux ! La commune de Charly a monté elle-même son toit solaire à la suite de nos échanges », se réjouit Jean-Marc Denise.

Toits en transition : deuxième saison

« Pour que la saison 2 soit viable, les nouveaux tarifs d’obligation d’achat, soit 12 centimes/kWh, nécessitent de créer plus de vingt installations de 240 m2, voire une ou deux de 600 m2 », explique Jean-Marc Denise. L’association est donc en pourparlers avec des copropriétés, mais aussi des entreprises comme le Sytral, Syndicat des transports lyonnais. « Nous sommes mieux connus. Les contacts sont plus faciles, mais les difficultés réglementaires et techniques s’amplifient avec les toits terrasses, les questions d’étanchéité, la taille des installations, les statuts des propriétaires, etc. »

En savoir plus : https://toitsentransition.weebly.com/