Initiatives

Dans le Vendômois, les citoyens misent sur l’énergie verte

L’association Énergies vendômoises réunit les citoyens en leur proposant d’investir dans des projets de transition énergétique.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - FéVRIER 2019
Ferme photovoltaïque de Montoire-sur-le-Loir. © Énergies vendomoises

« La transition énergétique ne vient pas assez vite d’en haut. Nous avons donc décidé de la faire partir d’en bas, des citoyens ! », lance Philippe Daveau, agriculteur retraité membre actif d’Énergies vendômoises, créée en 2017 à Villiers-sur-Loir (Loir-et-Cher).

De l’association à la SAS

Dans cette association, pas de président unique, mais plusieurs coprésidents et environ 70 membres bénévoles qui s’activent en organisant au moins une fois par semaine des réunions publiques dans la centaine de communes du territoire. Leur mission : proposer aux habitants d’investir dans des projets locaux d’énergies renouvelables. « L’idée est vraiment que le citoyen sache où va son argent, son investissement, et qu’il y ait des retombées économiques sur le territoire. »

L’association, qui a travaillé en appui avec le réseau national Énergie partagée, a ainsi fondé une société, Picvert SAS. Chaque adhérent peut y prendre une part (100 euros) ou plusieurs et ainsi bénéficier d’une voix lors des prises de décision – et notamment choisir comment seront reversés les bénéfices éventuels de la société le moment venu. L’objectif affiché ? Un taux de rentabilité moyen de 2 %. « Même si les prix de l’électricité sont garantis pendant vingt ans, il y a bien sûr un risque comme pour toute prise d’actions. »

Deux projets photovoltaïques

Soixante-dix citoyens – retraités et jeunes actifs avec pour la grande majorité une sensibilité “écolo” – ont déjà pris des parts dans Picvert à hauteur de 120 000 euros. Cela va permettre le financement de deux projets photovoltaïques.

Le premier se situe à Vendôme. « Le syndicat mixte Valdem y a inauguré l’an dernier un bâtiment industriel équipé de 468 m² de panneaux, correspondant à une production de 84 000 kWh par an, ce qui équivaut à la consommation (hors chauffage) de 60 habitants. L’objectif est donc d’acquérir une partie, à savoir 80 %, de ce système de production d’électricité. Les 20 % restants appartiendront au syndicat », poursuit Philippe Daveau.

L’autre projet est en cours de construction à Montoire-sur-le-Loir. Il s’agit d’une “ferme” photovoltaïque située sur une ancienne décharge où les ordures enfouies rendent impossible l’usage du lieu en terrain constructible ou agricole. « C’est l’entreprise Quadran, qui s’occupe des études de faisabilité et du montage du projet, qui est venue vers nous. C’est un projet beaucoup plus conséquent que le premier, avec 8 000 panneaux produisant 2 600 000 kWh par an, c’est-à-dire la consommation électrique d’environ 1 800 habitants. » L’idée est que les citoyens entrent à hauteur de 40 % du capital.

Convaincre et sensibiliser

Pour le premier projet, Picvert va aussi faire un emprunt bancaire, puisque les parts souscrites par les citoyens ne sont pour le moment pas suffisantes. « Et ce n’est pas chose aisée de convaincre les banques… », se désole Philippe Daveau. L’association Énergies vendômoises a aussi décidé de miser sur la sensibilisation du jeune public en mettant en œuvre divers projets pédagogiques. Ainsi, les écoliers de Villiers-sur-Loir ont pu visiter une centrale hydraulique et un système de chauffage bois-énergie. « Les enfants peuvent ensuite en parler avec leurs parents et cela peut permettre de susciter un intérêt et une émulation autour de la transition. »