Stratégie

Développer la géothermie dans les Hauts-de-France

Après avoir réalisé un observatoire de la géothermie et proposé aux acteurs intéressés une veille et des études d’opportunité, la mission animation géothermie des Hauts-de-France souhaite monter en puissance et s’adresser directement aux collectivités. Objectif : massifier la géothermie.

PAR NOLWENN LE JANNIC - JANVIER 2019
Journée de la géothermie en Hauts-de-France 2017, le 30 novembre 2017 à Beauvais. © Maxime Agnès – UniLaSalle

Pour faire monter la géothermie en puissance dans une région, encore faut-il savoir où en est son développement local. Puis en faire connaître le potentiel. C’est à ces fins qu’a été créée en 2016 la mission Animation géothermie, financée par le Conseil régional et l’Ademe. « Plus de 97 % du territoire picard est propice à la géothermie », annonce Estelle Dourlat, chargée de cette mission géothermie. « Le Dogger [aquifère géothermique situé entre 1 500 et 2 000 mètres de profondeur, ndlr], bien exploité en Île-de-France, s’étend en effet jusqu’au sud de la Picardie et nous savons que 20 à 25 communes pourraient y faire appel pour créer des réseaux de chaleur. Mais pour arriver à faire avancer cette énergie, il faut démystifier la technologie puis encourager les acteurs à l’employer. » Pour y parvenir, Estelle Dourlat s’est dans un premier temps adressée aux collectivités, professionnels et associations, dans le cadre d’une mission d’accompagnement personnalisé.

Informer, convaincre et accompagner

Le premier volet comprend la veille et la diffusion des informations sur la filière. « Je me rapproche des collectivités et des industriels pour leur présenter la technologie. Je centralise les études, les rapports et les cartes et je les publie sur le site Géothermie perspectives. J’établis également une newsletter à destination des acteurs identifiés », détaille Estelle Dourlat.

Le deuxième volet de sa mission consiste à convaincre et accompagner ces mêmes acteurs pour augmenter le nombre de projets en géothermie dans la région. « Pour cela, je propose gratuitement des études d’opportunité », poursuit la chargée de mission. « En m’appuyant sur la bibliographie, j’identifie le potentiel, la réglementation, les besoins et la technologie vers laquelle le projet pourrait s’orienter. Le but est de paver le chemin vers l’étude de faisabilité. » Cependant, même avec un tel service offert et la présence d’une animatrice, la prise de décision reste longue. Sur les 39 études d’opportunité réalisées jusqu’en juillet 2018, seules quatre ont débouché sur une étude de faisabilité. Quatre ont conduit à l’abandon du projet… et les 31 restantes sont toujours au stade de la réflexion !

Changement de cap en 2019

L’Ademe et la Région, entre-temps devenue les Hauts-de-France, ont donc décidé de changer de méthode pour 2019 afin de gagner en efficacité. Fini le cas par cas, l’animation géothermie se fera dorénavant à l’échelle des territoires.

Concrètement, Estelle Dourlat sera chargée d’entrer en contact avec les collectivités lors de l’élaboration de leurs études de planification énergétique ou de contrats de développement des énergies renouvelables, ou encore pour la réflexion autour des réseaux de chaleur. « Via la cartographie des installations géothermiques qu’a réalisée la mission, nous nous sommes en effet aperçus que les collectivités portaient 55 des 108 unités existantes. Soit un peu plus que les industriels, qui n’en comptent que 52. Or, comme les premières sont plus faciles à toucher que les seconds, c’est par là que nous allons commencer cette nouvelle étape », précise Estelle Dourlat, dans l’optique de faire émerger davantage de nouveaux projets.