Le tour de la question

Enercoop séduit les collectivités

Premier fournisseur historique d’électricité 100 % renouvelable, Enercoop offre une image valorisante à des autorités publiques en quête de partenaires vers la transition énergétique.

PAR PATRICK PIRO - FéVRIER 2019
Le Museum de la ville d’Auxerre, entre autres bâtiments de la ville, sera désormais fourni en électricité verte par Enercoop @Ville d’Auxerre

Deux de plus. En janvier, Enercoop a remporté les marchés publics de fourniture d’électricité verte lancés par les villes d’Auxerre (Yonne) et de Tramayes (Saône-et-Loire). Pour le chef-lieu de l’Yonne, il s’agit de l’approvisionnement, pendant quatre ans, d’un lot de 59 bâtiments publics (crèches, musées, gymnases, groupes scolaires, bâtiments administratifs et techniques), à raison d’un volume annuel de 1,3 GWh. Le contrat de Tramayes est en apparence plus modeste : la ville ne compte que 1 000 habitants. Mais en confiant à Enercoop l’alimentation pour six ans de tous les bâtiments municipaux et de l’éclairage public, elle devient la première en France à pouvoir se targuer d’être “100 % renouvelable” pour son électricité, étape majeure dans une démarche de transition énergétique qui a permis de diviser sa consommation par deux en dix ans.

Un portefeuille qui s’étend

Ces deux villes rejoignent le portefeuille “grands comptes” du fournisseur d’électricité verte aux côtés d’importantes collectivités : Lorient, Nantes, l’agglomération de Rennes, Lille, Nantes métropole, Mérignac, La Rochelle, l’agglomération Côte basque-Adour, les régions Pays-de-la-Loire et Bretagne ou encore Paris, qui a passé au vert l’alimentation de 32 groupes scolaires début 2018.

Depuis son origine, Enercoop a été progressivement adopté par des professionnels. D’abord par des acteurs de l’économie écologique, sociale et solidaire (réseau Biocoop, Maif, Emmaüs, le Chèque déjeuner, Bjorg, groupe Vyv), puis par des entreprises plus classiques (Chronopost, le Slip français, TF1). Mais il a fallu attendre 2016 pour que la coopérative signe son premier contrat avec une grande ville, Lorient. Au 1er janvier de cette année disparaissaient les tarifs régulés pour les abonnements d’une puissance supérieure à 36 kVA : une date pivot dans l’agenda de Grégory Dissoubray, responsable du développement commercial d’Enercoop. « Les responsables d’achat des collectivités, confrontés au choix sur le marché à prix libre, ont commencé à nous consulter sérieusement. Ça a été un afflux… »

Partenaire vert des collectivités

Les tarifs d’Enercoop restent 10 à 15 % plus élevés que ceux de la concurrence (plus de 30 % au démarrage en 2005), « mais pour les collectivités engagées dans la voie de la transition énergétique, ce critère n’est pas prépondérant », constate-t-il. Car le partenaire présente une image séduisante : premier fournisseur d’une électricité 100 % renouvelable en contrat direct, il est également à structure coopérative, proche des citoyens. Il propose en outre aux territoires des services liés à la transition énergétique, tel ce partenariat signé en décembre dernier par la branche locale d’Enercoop pour accompagner l’Occitanie dans son ambition de devenir “région à énergie positive” en 2050.

Début 2019, le portefeuille d’Enercoop comptait environ 200 collectivités. Certes, pour les plus grosses, les contrats ne couvrent que 2 à 3 % de leur consommation, et jouent souvent un rôle d’affichage politique : la plupart du temps, ce sont des bâtiments emblématiques (hôtel de ville, écoles, etc.) qui sont choisis pour ce verdissement. Cependant, outre l’effet d’entraînement, Enercoop compte sur des arguments économiques pour faire monter les pourcentages. « Nous proposons des contrats extrêmement stables, en raison de la grande prévisibilité des coûts de l’électricité verte : nous avons en quelque sorte recréé un tarif régulé », souligne le responsable commercial. D’autant plus qu’Enercoop, qui investit également dans des installations de production renouvelable, propose, à mesure que la coopérative y devient majoritaire, l’équivalent de purchase power agreements (PPA), ces contrats d’approvisionnement direct du producteur au consommateur dont les grands comptes sont de plus en plus friands.