Initiatives

Pic de chaleur à Issoudun

Du haut de ses 13 000 habitants, Issoudun (Indre) s’apprête à abriter l’une des plus grandes centrales solaires thermiques au monde. De quoi (re)mettre un coup de projecteur sur cette commune qui n’en finit pas de se distinguer en matière de développement des énergies renouvelables.

PAR ANNE-SOPHIE PERRAUDIN - DéCEMBRE 2018
De g. à d. : Yvan Schaepman, président de Boortmalt, Arnaud Leroy, président de l’Ademe et Arnaud Susplugas, président de Kyotherm, lors de la signature de la convention le 5 décembre. ©ASP

Si elle était mise en service aujourd’hui, la future centrale solaire thermique de la malterie d’Issoudun (Indre) serait la troisième plus grande au monde à alimenter un site industriel – en l’occurence l’une des diw malteries d’Europe exploitées par Boortmalt, filiale d’Axéréal et quatrième producteur de malt au monde (à destination des brasseurs et distillateurs). L’eau chaude produite par la centrale solaire thermique a vocation à alimenter les unités de stockage d’orge de la malterie.

L’installation, qui occupera trois hectares, sera constituée de 15 000 m² de capteurs – pour une puissance de 12 MW et une production escomptée de 8,7 GWh/an. « Son rendement énergétique sera trois fois supérieur à celui d’une centrale photovoltaïque classique », souligne Arnaud Susplugas, président de Kyotherm (tiers financeur et maître d’ouvrage du projet via sa filiale Kyotherm Solar).

À elles deux, la chaudière biomasse installée sur le site en 2013 et la future centrale solaire thermique permettront de couvrir près de 50 % des besoins en chaleur de la malterie. Les travaux de préparation du terrain commenceront fin décembre. Ceux de génie civil débuteront en avril pour une mise en service fin 2019. Ne comptant pas s’arrêter là, le président du site, Yvan Schaepman, projette d’explorer son potentiel en géothermie.

Faciliter les projets

Le 5 décembre dernier, Kyotherm Solar, Boortmalt (exploitant du site) et l’Ademe ont signé une convention attribuant au projet « un montant d’aides portant sur un maximum de 3 012 451 € et une aide remboursable portant sur un montant de 531 609 € » devant un parterre d’invités dont faisait partie Guy Léon, directeur général des services de la ville d’Issoudun. « Nous ne sommes pas directement partenaires de l’opération, mais nous avons facilité le montage du dossier en matière de réglementation applicable et de droit de l’urbanisme », explique-t-il. « Ce projet industriel est important pour nous dans la mesure où il s’inscrit dans notre stratégie d’économie énergétique. » De toute évidence, la transition ne pourra se faire que si collectivités et acteurs industriels travaillent main dans la main.

Un modèle de mix énergétique

De fait, le territoire intercommunal se montre exemplaire en matière de développement des énergies renouvelables. En 2010, il s’était distingué en créant la Semer SEM Énergies Renouvelables (qui regroupe la communauté de communes du Pays d’Issoudun, la Région, les communes d’Issoudun et de Migny, le Syndicat départemental d’énergies et des acteurs privés). Celle-ci a permis la première appropriation par des collectivités d’un parc éolien installé localement (5 machines, pour une puissance cumulée de 12 MW).

Continuant sur sa lancée, la commune d’Issoudun accompagne aujourd’hui la création d’une centrale photovoltaïque d’une puissance de 4 MW sur un ancien centre d’enfouissement technique, qui viendra s’ajouter à celle de 7 MW déjà installée sur son territoire. Mais s’il est un projet qui lui tient particulièrement à cœur, c’est le développement de son réseau de chaleur : 1,8 km de canalisations reliées à une chaufferie bois-énergie d’une puissance de 2,5 MW. Les travaux sont en cours et devraient être terminés avant l’été.