Stratégie

Quand les facteurs informent sur la transition énergétique

Depuis quatre ans, via le programme Depar, La Poste et les collectivités travaillent ensemble pour sensibiliser les citoyens à la rénovation énergétique de leur habitat. Explications.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - MARS 2019
Programme Depar. © La Poste

Un citoyen souhaitant engager des travaux de rénovation énergétique dans sa maison va, a priori, aller chercher des informations auprès des Espaces info énergie et des plateformes en ligne« Mais comment toucher les propriétaires qui ne se sont jamais posé cette question et pourraient cependant être intéressés ? Comment répondre à l’enjeu de massification ? C’est précisément l’ambition de l’initiative mise en place par La Poste, via le programme Depar [Diagnostics énergétiques pour accompagner la rénovation, ndlr] », souligne Alexandra Malherbe, directrice de l’unité d’affaires rénovation énergétique au sein de La Poste.

Concrètement, dans les collectivités avec lesquelles La Poste a contractualisé – une quarantaine depuis 2015 –, les facteurs informent les habitants de leur prochain passage par le biais d’un courrier. Ils posent ensuite quelques questions aux ménages, notamment pour vérifier leur éligibilité aux aides à la rénovation : sont-ils bien propriétaires ? Quand le logement a-t-il été construit ? Etc.  Pour les personnes intéressées, un rendez-vous est pris avec un énergéticien – Soliha dans la plupart des cas – pour réaliser un diagnostic énergétique du logement et évaluer les travaux qui peuvent être envisagés.

Le facteur tiers de confiance

À la métropole de Chartres, l’une des premières collectivités à s’être lancée, fin 2017, le programme a été un succès. « Sur presque 10 000 courriers envoyés, nous avions fixé un objectif de 200 diagnostics énergétiques. Il y en a eu au final 184, avec pour le moment, 25 ménages qui ont déposé des dossiers à l’Anah [Agence nationale de l’habitat, ndlr] en vue de réaliser des travaux », détaille Rémi Trocmé. Le responsable habitat et solidarités de la ville et de la métropole, qui indique que la collectivité relance le programme Depar sur les communes non touchées, donne notamment l’exemple de ce couple avec deux enfants, propriétaire d’une maison à 10 km de Chartres : « Ils travaillent tous les deux, ont peu de temps le week-end et ne seraient pas venus spontanément se renseigner sur le sujet de la rénovation énergétique. »

Dans un contexte de méfiance face aux entreprises installatrices de chauffage, de photovoltaïque…, le facteur reste un tiers de confiance bien identifié. « Leur métier est aujourd’hui en pleine transformation et cette nouvelle action est en lien avec leur mission première de service public », poursuit Alexandra Malherbe, précisant que les facteurs ont été formés et outillés avant de participer à ces opérations.

En pratique

Il faut en général neuf mois pour mettre en place le programme, en tenant compte du travail de ciblage des logements, de l’envoi des courriers, du passage du facteur et finalement de la prise de rendez-vous éventuelle pour un diagnostic.

La très grande majorité des collectivités participantes sont des communautés de communes, qui ont déjà mis en place des Opah (opérations programmées d’amélioration de l’habitat).

Les collectivités payent La Poste seulement lorsqu’un diagnostic a été réalisé. Cela revient en général à 8 000 € TTC pour 100 diagnostics.