Portrait

Une trajectoire de plus en plus Cler

Jean-Baptiste Lebrun vient de prendre la direction du Réseau pour la transition énergétique (plus connu sous le nom de Cler). Celui qui a été conseiller technique énergie-climat au cabinet de Célia Blauel, à la Mairie de Paris, tire de sa jeune expérience des leçons qui ne manqueront pas d’influencer l’avenir du réseau.

PAR CHRISTEL LECA - SEPTEMBRE 2018
©Jean-Baptiste Lebrun (CLER)

Dans son expérience antérieure à la Mairie de Paris, Jean-Baptiste Lebrun a été confronté à deux importants écueils de la vie des collectivités locales : comment concilier des objectifs ambitieux de long terme avec des choix politiques à court terme ? Comment mettre en œuvre une politique territoriale de transition quand les entités nationales et européennes constituent des freins ? Sur ce dernier point, un exemple : alors que la Mairie de Paris a contracté des accords locaux pour rénover l’ensemble du parc de logements, l’État n’active pas les leviers indispensables à leur mise en œuvre. « Peu d’organisations pèsent suffisamment au niveau national pour faire évoluer les règles », explique le directeur du Réseau pour la transition énergétique (Cler), constatant que l’association est, en tant que réseau transversal, très bien positionnée pour peser dans les débats nationaux.

Accentuer la reconnaissance du Réseau

Cependant, il faut accentuer la reconnaissance de l’association au-delà des cercles professionnels. « Si le Cler est très présent dans les instances officielles de type Conseil supérieur de l’énergie, Commission nationale des aides de l’Ademe ou Plan bâtiment durable, il souffre d’un déficit de notoriété auprès du grand public et des cercles non spécialisés. » De plus, si l’objectif initial du Réseau, créé il y a trente-quatre ans, est – sur les grands principes – atteint avec la loi de transition énergétique, « comment investir les trois cents structures adhérentes dans un nouvel élan ambitieux, global et de long terme ? » Une réflexion stratégique que Jean-Baptiste Lebrun aura à cœur d’animer.

« On manque d’outils pour évaluer la cohérence des projets publics »

Revenant sur le premier écueil dans la vie des collectivités locales, l’ingénieur de l’École centrale de Lyon, aussi titulaire du master Urbanisme de Sciences-Po et du master Éthique et développement durable de la faculté de philosophie de l’université Jean-Moulin à Lyon-3, s’explique : « comme le préconise le dernier rapport du Giec [groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr], il s’agit aujourd’hui de réorienter les investissements : dans le sens, par exemple, d’un plan climat. Mais beaucoup de politiques locales, budgets ou projets viennent contredire ces objectifs de long terme parce que les collectivités manquent d’outils pour en évaluer la cohérence. L’expertise du Réseau est un atout pour concevoir de tels outils. »

De nouveaux champs à investir

Jean-Baptiste Lebrun a aussi quelques intentions plus personnelles : « la question du numérique dans les transitions à venir a été peu abordée dans le Réseau et les mécanismes de financement des collectivités territoriales méritent une réflexion de fond que j’aimerais mener avec les adhérents ». Gageons qu’après deux années de flottement, suite au départ de Raphaël Claustre en 2016, le Cler s’offre, aux côtés d’un·e directeur·trice administration/finances/ressources humaines en cours de recrutement, un coordinateur compétent, ambitieux et pédagogue, si l’on en croit ses diplômes, son expérience et l’entretien qu’il nous a accordé.

26-28 septembre : la rencontre annuelle des Tepos

Les 8e rencontres nationales “Énergie et territoires ruraux : vers des territoires à énergie positive (Tepos)” ont lieu cette année à Montmélian (Savoie), ville pilote dans l’énergie solaire depuis 1983. Labellisée Cit’ergie depuis 2007, Montmélian est aussi la capitale de la communauté de communes Cœur de Savoie, la collectivité organisatrice des rencontres aux côtés du Cler et de son réseau des Tepos créé en 2011. L’occasion de dialoguer avec des pionniers, venus de toute la France, autour de sobriété, d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables locales. www.tepos2018.fr