Décryptage
En Bretagne, une structure accompagne les éleveurs dans l’installation du solaire thermique
Le GIE Élevage Bretagne accompagne depuis 2018 les éleveurs qui souhaitent s’équiper en installations solaires thermiques. Une cinquantaine de projets soutenus par l’Ademe ont pu voir le jour pour les filières vaches laitières et veaux de boucherie.

Six panneaux solaires thermiques sont placés en pignon sur la façade de la salle de traite de la ferme de Brocéliande, à Talensac, en Ille-et-Vilaine. Cette installation de 15 m², mise en service en 2022, vise à chauffer l’eau nécessaire au nettoyage de la salle de traite, soit une consommation de 600 litres à 75 °C, chaque jour de l’année. Depuis 2018, une cinquantaine d’élevages bretons se sont équipés de chauffe-eau solaires, représentant une surface de capteurs de 2 190 m² et générant 1 049 MWh d’économies d’énergie annuelles.
Une part importante des dépenses énergétiques
Car dans les élevages laitiers, la production d’eau chaude représente une part importante des dépenses énergétiques liées au bloc traite (salle de traite, laiterie et local technique). Et en élevage de veaux de boucherie, elle constitue le premier poste de consommation d’énergie directe, pour la reconstitution du lait de buvée des veaux. « Le solaire thermique est intéressant pour les besoins de chaleur constants, explique Jeanne Lichou, chargée de mission pour le GIE Élevages de Bretagne. Le nettoyage se fait toute l’année, et l’engraissement des veaux dure environ cinq mois, à raison de deux lots d’animaux par an. Les installations permettent une économie d’énergie en eau chaude comprise entre 40 et 60 % par an. »
Tiers de confiance
Le GIE accompagne les éleveurs de ruminants dans la mise en œuvre d’actions techniques et économiques. Depuis 2018, les actions d’animation du programme sur le solaire thermique sont financées par le Fonds chaleur de l’Ademe. « Nous sommes tiers de confiance pour le compte de l’Ademe, explique Jeanne Lichou. Notre travail est donc d’aller chercher les éleveurs, de communiquer à propos des opportunités offertes par le solaire thermique, d’évaluer la faisabilité et la rentabilité d’une installation de panneaux solaires thermiques, en fonction des besoins de chaque exploitation. »
Puis une fois la faisabilité établie, le GIE accompagne les éleveurs sur la partie administrative et les met en contact avec des artisans certifiés RGE pour la pose des panneaux. Les installations sur fermes laitières sont en général modestes, d’une quinzaine de m², tandis que les installations dédiées à l’élevage des veaux de boucherie s’étendent sur 60 à 80 m².
50 % de subvention
« Pour les projets agricoles, le coût des panneaux et du circuit hydraulique est compris entre 1 100 et 1 300 €/m², explique Jeanne Lichou. La subvention de l’Ademe couvre 45 à 50 % du montant de l’investissement, ce qui est intéressant. » L’Ademe demande également un relevé de productivité solaire, au moins la première année, pour s’assurer que la production d’énergie atteint au moins 350 kWh par an et par m². Le cahier des charges s’étoffe, et exige aussi un contrat de maintenance, avec, dans l’idéal, un télésuivi.
Si le GIE Élevage de Bretagne est spécialisé dans l’élevage de ruminants, d’autres projets expérimentaux émergent, tels que le recours au solaire thermique dans l’élevage porcin, les nurseries ayant besoin d’une température élevée et constante.


