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Le photovoltaïque s’installe le long des routes

L’énergéticien CNR a organisé une visite d’un parc photovoltaïque « linéaire » d’un kilomètre sur une véloroute. Potentiel estimé : 35 GW le long des routes, des voies cyclables, des berges et canaux fluviaux en France.

PAR CAROLE RAP - SEPTEMBRE 2025
Le démonstrateur photovoltaïque « linéaire » Ophélia se déploie en trois tronçons sur 900 mètres le long du Rhône. ©Carole Rap

Au-dessus de la ViaRhôna, itinéraire cyclable qui longe le Rhône du lac Léman jusqu’à la Méditerranée, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) a installé des ombrières photovoltaïques au niveau de Caderousse, dans le Vaucluse. Elles s’étirent sur une longueur de 900 mètres au-dessus de la véloroute, formant trois tronçons effilés et espacés de quelques dizaines de mètres chacun. D’une puissance totale de 1 MW, ce parc photovoltaïque dit « linéaire » a été dévoilé à la presse le 9 juillet 2025. Il devrait être mis en service d’ici la fin de l’été. Il s’agit d’un démonstrateur baptisé Ophélia. Pendant trois ans, il servira à effectuer des tests dans le but d’industrialiser cette technologie sur des axes de plusieurs kilomètres.

Un gisement de 35 GW

CNR a fait réaliser une étude nationale par l’Arep pour évaluer le potentiel du photovoltaïque linéaire en France sur des emprises déjà artificialisées (routes, voies cyclables, canaux, berges, etc.). Il a été estimé à 35 GW, soit plus que la capacité photovoltaïque déjà installée en France (28,2 GW au 30 juin 2025), pour une production électrique de 38 TWh par an, équivalent à la production de 6 réacteurs nucléaires. Ce gisement correspond à 23 000 km compatibles, dont 2 800 km de véloroutes.

Courant continu

L’innovation consiste à transporter sur une longue distance l’électricité générée par le solaire linéaire sous forme de courant continu (DC, direct current) en moyenne tension. Dans une installation solaire classique, le courant continu produit par les cellules photovoltaïques est directement converti en courant alternatif (AC, alternating current) au moyen des onduleurs. Dans le cas du démonstrateur Ophélia, la basse tension du courant continu issu des panneaux solaires (1 200 VDC [volts courant continu]) est d’abord élevée à de la moyenne tension continue (10 000 VDC*) grâce à un transformateur électronique DC développé par la société lyonnaise Supergrid Institute.

Les électrons peuvent ainsi être transportés sur le réseau de collecte en moyenne tension (MVDC) jusqu’au poste de transformation DC/AC puis au poste de livraison attenant. L’utilisation du courant continu moyenne tension présente plusieurs avantages : « Cela permet de réduire les pertes d’énergie sur de longues distances, qui est l’un des principaux freins au déploiement du photovoltaïque linéaire. Pour une ferme de 20 MW étendus sur 20 km, on gagne de l’ordre de 2 points de rendement avec une tension de 40 000 volts en courant continu par rapport à une architecture en courant alternatif. La solution en DC utilise moins de cuivre pour les câbles et moins d’espace pour les équipements nécessaires (convertisseurs) qui sont plus compacts », explique Hubert de la Grandière, directeur général de Supergrid Institute.

Une configuration unique et reproductible

CNR a également fait appel à d’autres partenaires pour mettre au point Ophélia : Nexans pour la fabrication des câbles moyenne tension MVDC et Schneider Electric pour les appareillages de protection. Dans le cadre de ce démonstrateur, le foncier appartient à l’État et CNR en est le concessionnaire. Mais cette configuration peut varier d’un projet à l’autre. CNR étudie aussi la faisabilité d’un pilote industriel d’au moins 10 MW sur les digues du Rhône.

« Le surcoût d’Ophélia est de 10 % à 30 % de plus que pour une installation photovoltaïque au sol. Après la période d’essai de trois ans, nous chercherons à vendre l’énergie, par exemple dans le cadre d’un PPA. Pour l’avenir, l’objectif est aussi de trouver un mécanisme de financement, notamment via un appel d’offres dédié à cette technologie », confie Frédéric Storck, directeur de la division transition énergétique et innovation de CNR.

* 10 000 VDC de tension d’isolation entre les deux bornes correspond à ±5 000 VDC de tension minimum et maximum par rapport à la terre.

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