Décryptage

L’Ademe Île-de-France, créatrice de liens entre TPE-PME et donneurs d’ordre

L’Ademe Île-de-France déploie une stratégie de soutien spécifique pour les TPE-PME, afin de mettre en relation de manière plus efficace leurs compétences et les besoins des donneurs d’ordre, notamment dans le secteur public.

PAR PATRICK PIRO - MAI 2019

L’Île-de-France : la région capitale concentre de forts enjeux économiques, et donc de nombreux acteurs. Pourtant, ce riche écosystème ne leur offre pas toujours les outils pour déployer tout leur potentiel. C’est en particulier le cas pour les TPE et PME. Les donneurs d’ordre, publics ou privés, ont-ils les moyens de les rencontrer ? Comment les territoires peuvent-ils tirer parti de ce tissu ?

L’Ademe Île-de-France, par la voix de son directeur régional Michel Gioria, présentait « pour la première fois devant la presse », le 14 mai, ses actions d’accompagnement auprès des entreprises actives dans les domaines d’intervention de l’Agence (efficacité énergétique, énergies renouvelables, gestion des déchets, récupération et recyclage, mobilité, etc.).

Épauler les TPE-PME

Depuis 2010, l’Agence s’appuie sur le programme d’investissements d’avenir (PIA), un outil d’envergure national qui a permis d’attribuer à 216 projets franciliens une aide totale de 744 millions d’euros, dont le quart aux TPE-PME. « Et il y a des pépites… », se félicite Michel Gioria, dans le traitement de proximité des déchets organiques, le réemploi des batteries li-ion ou l’impression 3D de pièces de rechange, s’agissant du volet “économie circulaire”. Ainsi que dans le secteur “mobilité” : offre unique de ticket dématérialisé de transport public, application de mise en relation entre automobilistes et auto-stoppeurs, etc. « Il s’agit d’entreprises qui étaient déjà proches du marché, et dont l’Ademe aide le développement. »

L’Agence, en partenariat avec le gros incubateur parisien Paris&Co, accompagne aussi les entreprises naissantes « qui ont une idée », pour les aider à co-construire des solutions optimisées avec des donneurs d’ordre, publics ou privés, qui font état de besoins dans une grande variété de secteurs liés à la construction de la ville (immobilier, infrastructures, logistique, réseaux, gestion de déchets…). Dans ce cadre, l’Ademe a sélectionné une vingtaine de jeunes pousses suite à un appel à candidatures lancé en 2017. « Notre région, en raison de sa densité urbaine, a besoin d’un recours musclé à l’innovation », justifie Michel Gioria.

L’Ademe intervient également pour aider les TPE-PME à réduire leurs propres impacts environnementaux, « qu’elles connaissent mal en général », avec la perspective d’économies notables à la clé. Cependant, le directeur régional convient que ce plan d’action, dont le déploiement est national, a du mal à séduire en Île-de-France, « où les chefs d’entreprise sont souvent surchargés » : moins de 10 inscrits, contre 500 établissements de 20 à 250 salariés pour toute la France, en 2018.

Développer les liens et les réseaux

Au chapitre de la rénovation énergétique, côté clients en l’occurrence, les TPE du bâtiment se voient offrir par l’Ademe, en lien avec le réseau régional de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), des formations en ligne (Mooc) destinées aux opérations dans le logement social, « afin d’accroître le niveau de compétence des professionnels ». Pour l’occasion, c’est un net succès : plus de 1 100 inscrits en 2018.

Plus largement, l’Ademe Île-de-France anime un réseau de partenaires (Club Ademe partenaires entreprises – Cape) comprenant des acteurs du développement économique, des collectivités, etc. Le but ? Résoudre les problèmes qui se posent à chacun. L’Agence a ainsi lancé un annuaire régional des petites et moyennes “éco-entreprises” — le réseau Pexe. Depuis l’été 2018, 400 sociétés ont ainsi rendu accessibles leurs offres en matière de déchets, eau, air, sols pollués, bruit, énergies renouvelables, efficacité énergétique, ou bâtiment à faible impact environnemental. « Un outil utile, en particulier pour les acteurs publics, qui ont une connaissance relativement faible des compétences de ces PME », note Michel Gioria.