Decryptage

Plateformes de rénovation énergétique : pour qui ? Pour quoi ?

Depuis 2014, ces plateformes aident, un peu partout sur le territoire, particuliers et collectivités à se lancer dans la rénovation énergétique des habitations ou des bâtiments publics. Focus sur deux d’entre elles.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - JANVIER 2019
Rénovation de la mairie de Lathuile (Haute-Savoie). @ DR

Une plateforme de rénovation énergétique, c’est quoi ?

Une plateforme de rénovation énergétique des bâtiments publics et privés est un service public – soutenu par l’Ademe et parfois les régions – qui accompagne particuliers et/ou collectivités dans la rénovation énergétique. L’objectif est d’apporter des conseils, d’orienter vers les différents acteurs, de proposer une offre de financement adéquate… Il y a environ 150 plateformes sur tout le territoire.

L’exemple de Renov’Aube, à destination des particuliers

En juin 2018, le Syndicat départemental d’énergie de l’Aube (SDEA), sollicité par l’Ademe et la Région Grand-Est, a lancé la plateforme Renov’Aube, qui emploie deux ingénieurs. Via différents canaux – site Internet, réunions d’information, appels téléphoniques –, les propriétaires occupants ayant un projet de rénovation énergétique pour leur maison peuvent se renseigner sur les démarches à suivre. « L’idée est de mettre à leur disposition un tiers de confiance, en apportant des conseils en toute neutralité », explique Joëlle Guinot, directrice du SDEA.

Appui technique (analyse du bâti, évaluation énergétique), mise en relation avec des professionnels RGE et aide au montage du dossier de financement, les particuliers sont accompagnés tout au long de leur projet. « Nous souhaitons aussi appareiller les logements via des sondes par exemple pour pouvoir faire un bilan des économies d’énergie après travaux, tout en vérifiant bien que des améliorations ont été constatées au niveau thermique, phonique… », poursuit la directrice.

En à peine sept mois, la plateforme a reçu de nombreux appels et une dizaine de conventions ont déjà été signées et formalisées. « Les propriétaires sont très intéressés par la revalorisation de leur patrimoine puisqu’après travaux, la classe énergie de leur logement aura changé. » Avec 99 000 habitations ayant un DPE E ou inférieur sur 150 000 logements dans le département, la plateforme devrait pouvoir accompagner, dans les années à venir, de nombreux propriétaires.

Les appels à projets publics du Syane

En 2005, le Syndicat des énergies et de l’aménagement numérique de la Haute-Savoie (Syane) a réalisé une centaine d’audits énergétiques auprès des communes pour aider à la prise de décision. « Mais rapidement, un bilan a montré que peu passaient finalement à l’action, notamment pour des questions financières », souligne Jean-Pierre Scotton, directeur général des services du syndicat. Le Syane décide donc en 2012 de lancer un appel à projets pour soutenir des projets énergétiques performants. « Nous avions alors un budget de 500 000 euros et les subventions étaient plafonnées à 30 % du montant des travaux. Nous avons reçu plus de 30 réponses pour 11 lauréats, et une enveloppe que l’on a finalement augmentée à 900 000 euros. »

Depuis, le Syndicat a aidé 77 opérations (66 de rénovation énergétique de bâtiments publics et 11 de production d’électricité ou de chaleur à partir d’énergies renouvelables), pour un montant de 4,8 millions d’euros. « S’il y a aussi une solution d’énergie renouvelable dans la rénovation, les projets bénéficient de 10 000 euros supplémentaires », poursuit le directeur. Les communes profitent aussi d’un accompagnement technique – mise en relation avec des professionnels, aide à la recherche du bon financement…

« Cela a engagé une dynamique, les collectivités attendent désormais chaque année cet appel et les projets lauréats donnent des idées aux autres. On se rend compte par exemple qu’on peut rénover un bâtiment historique sans modifier l’aspect extérieur. » Ce fut le cas avec la maison forte (mairie et accueil périscolaire) de Lathuile, qui a engagé tout un bouquet de travaux (isolation murs, toiture, planchers bas, installation de fenêtres à double vitrage et d’une ventilation simple ou double flux en fonction de l’usage, pose d’éclairage LED…). Avec un budget de près d’un million d’euros, la rénovation devrait permettre une économie de 12 tonnes de CO2 par an et 73 % d’économies d’énergie.