Stratégie

À Nantes, les commerçants ont leur chargé de mission pour la transition énergétique

Depuis près d’un an, l’association des commerçants du centre-ville de Nantes est aidée, grâce à un financement de la métropole et de l’Ademe, pour les questions de transition.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - OCTOBRE 2019
Jérôme Decoster, nouveau chargé de mission transition énergetique et commerces de Nantes. @DR

En 2016 à Nantes, a lieu le grand débat sur la transition énergétique. Delphine Jacob, déléguée général de l’association Plein centre de Nantes, qui compte 450 adhérents, se souvient : « J’ai participé à des discussions, des ateliers… et me suis aperçue que les TPE et PME étaient les grandes absentes. Il y avait des collectifs de citoyens, des grosses entreprises, mais nous n’étions pas, ou peu, présents. »

Après des rencontres et discussions avec les élus de Nantes Métropole et l’Ademe pour passer en revue les dispositifs existants (en lien notamment avec la chambre de commerce et d’industrie Nantes Saint-Nazaire, la chambre de métiers et de l’artisanat de la région) et voir ce qu’il était possible d’envisager, l’association décide d’embaucher une personne dédiée à l’accompagnement à la transition énergétique. « Il n’était pas possible de traiter cette thématique à nos heures perdues, il nous fallait être accompagnés », poursuit Delphine Jacob.

Énergie, déchets, logistique urbaine

Jérôme Decoster, ancien journaliste en reconversion professionnelle, très investi dans des associations environnementales, a été embauché en janvier 2019 pour trois ans. Son poste est entièrement financé, à hauteur de 70 % par l’Ademe et 30 % par la métropole, mais l’ambition de Plein centre est de poursuivre sa mission au-delà, en trouvant un modèle économique qui n’aurait pas besoin de subventions publiques. « Nous avons commencé par établir une feuille de route thématique. L’idée est donc de traiter d’énergie, de déchets, de logistique urbaine et de végétalisation des rues », explique le chargé de mission transition énergétique et commerces.

Pour cela, les commerçants sont invités à évoquer leurs besoins et éventuels freins. « Je vais à leur rencontre, bien sûr, et nous avons aussi lancé un sondage en ligne sur lequel nous avons eu beaucoup de retours. » L’occasion de se rendre compte que l’énergie était l’un des points qui les intéressaient le plus. « Un premier atelier a été proposé sur le décryptage des factures d’énergie et les écogestes à mettre en place. Là, on sensibilise au fait de ne pas laisser les portes de magasins ouvertes quand il y a du chauffage ou de la climatisation, en créant un sticker indiquant que la boutique est tout de même ouverte, tout en expliquant pourquoi les portes sont fermées. » Une opération est aussi en cours pour qu’un maximum de commerces puissent remplacer leurs éclairages par des Led.

« Côté déchets, depuis mai, et c’était prévu avant la création de mon poste, la collecte se fait en apport volontaire et non plus en porte-à-porte. Cela change forcément les habitudes des commerçants. J’ai donc travaillé en relation avec la métropole pour définir les points et horaires de collecte, les accompagnements, pour que cela soit plus fluide pour eux. »

Des comités techniques entre Jérôme Decoster, l’Ademe et la métropole ont lieu chaque mois pour ajuster les missions, réfléchir à la suite, noter ce qui fonctionne… avec l’idée, notamment pour l’Ademe, que ce type de poste puisse essaimer.

En savoir plus : la page Facebook Plein centre commerces éco-engagés.