Initiatives

À Saint-Yrieix, écologie et économie avec la chaufferie biomasse

Cette commune de Nouvelle-Aquitaine a inauguré en juin une chaufferie qui permet d’éviter le rejet de 2 300 tonnes de CO₂ par an.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - SEPTEMBRE 2019
La chaufferie, lors de l’inauguration en juin 2019 ©DR

Depuis le mois de juin 2019, divers bâtiments de Saint-Yrieix, ville de 7 200 habitants en Haute-Vienne, sont chauffés grâce à une chaufferie biomasse. Et pour cela, il a fallu créer entièrement un réseau de chaleur de 4,3 kilomètres. Un an et demi de travaux en tout. « La circulation a été déviée dans de nombreuses rues, des places ont été bloquées. Ce ne fut pas rien, mais nos concitoyens ont été patients, conciliants et, dans la très grande majorité, favorables à ce projet », estime Daniel Boisserie, le maire de la commune.

Cette chaufferie, pourvue d’un système de stockage d’hydro-accumulation qui permet de rendre linéaire la production de chaleur, alimente en chaleur le lycée, les écoles et leurs gymnases, le centre hospitalier, l’hôtel de ville, le complexe aquatique, les bâtiments municipaux ainsi que quelques résidences. « Le taux de couverture biomasse est de 85 %. Les 15 % restants sont assurés par du gaz, en cas d’arrêt technique, de défaillance ou en appoint », précise Pierre Dejean, directeur de l’agence Atlantique Limousin d’Engie Cofely, qui gère la chaufferie via une délégation de service public (DSP) d’une durée de vingt-quatre ans. « Concrètement, cela signifie que c’est Engie qui a investi dans le projet. Le groupe nous paie ensuite les redevances, environ 30 000 euros par an, pour occupation du domaine public. Les abonnés – donc nous la plupart du temps –, payent les consommations d’énergie », précise Daniel Boisserie. Au terme de ces vingt-quatre ans, Engie Cofely restituera les installations – en état de fonctionnement et aux normes en vigueur à ce moment-là –, et la collectivité lancera un appel d’offres pour une reprise.

« Les différents abonnés se chauffaient au préalable au fioul ou au gaz. La chaufferie va donc permettre d’éviter le rejet de 2 300 tonnes de CO₂ chaque année », précise Daniel Boisserie. Ces derniers vont aussi faire des économies sur leur facture, de l’ordre d’environ 10 % en moyenne. La chaufferie, qui consomme 3 900 tonnes de bois par an, se fournit en plaquettes forestières dans un rayon de 100 km maximum. « Notre ambition, à deux ans, est de l’alimenter avec du bois encore plus local, via les chutes d’entreprises de clôtures et de menuiseries du coin, que nous souhaiterions transformer en plaquettes, via une usine dédiée », poursuit le maire, actuellement en discussion avec les acteurs locaux.

En chiffres

La chaufferie délivre 10,5 GWh de chaleur par an.
 L’investissement, porté par Engie Cofely, s’élève à 4,6 millions d’euros, les subventions de la région Nouvelle-Aquitaine à 1,3 million d’euros et celles de l’Ademe à 1,1 million d’euros dans le cadre du Fonds chaleur.

Conseils aux collectivités qui voudraient se lancer

« S’entourer de spécialistes du domaine, c’est ce que permet notamment la DSP. Cela évite aussi de mobiliser des fonds publics », détaille Daniel Boisserie, le maire de Saint-Yrieix.
« Pour que ce type de projet soit valable, il faut que la collectivité ait un ou deux abonnés très gros consommateurs d’énergie, un hôpital et/ou un centre aquatique par exemple. La chaufferie demande aussi de l’espace, mais peut tout à fait s’envisager en zone urbaine », poursuit Pierre Dejean, d’Engie Cofely.