L'info du mois
Alliance pour l’énergie locale : s’unir autour des énergies renouvelables locales
Douze organisations ont lancé fin 2025 l’Alliance pour l’énergie locale, pour que les énergies renouvelables et l’intérêt local soient indissociables. Son rôle ? Unir et convaincre autour de ces sujets.

Valoriser, mettre en lumière les territoires qui ont porté ou portent des projets locaux, rappeler aux élus les bénéfices de ce type de projet… Telles sont les missions de l’Alliance pour l’énergie locale, qui a annoncé sa création en décembre 2025. Elle réunit douze structures engagées dans les domaines de la protection de l’environnement, de l’énergie, des territoires et de l’économie sociale et solidaire, parmi lesquelles, entre autres, le réseau Cler, Énergie partagée, le Réseau Action Climat, Enercoop ou encore la FNCCR.
Gouvernance locale
Auréline Doreau, responsable de projets Énergie et territoires au réseau Cler, explique : « Nous souhaitons sensibiliser les décideurs sur l’importance des énergies renouvelables locales. À l’heure où l’on note de plus en plus de difficultés des élus face à des réglementations complexes et changeantes, où l’on assiste à des coupes budgétaires, on veut montrer qu’il y a une vraie envie des élus de terrain à s’emparer de ces sujets. On le voit par exemple sur des cas de repowering dans certains territoires, où ce n’est même plus une question. Les élus, même dans les cas où il y avait eu des difficultés au départ sur les projets, à propos de questions de paysage, par exemple, veulent poursuivre, puisqu’ils ont bien compris l’intérêt. »
Objectif : multiplier par trois la part des projets d’énergies renouvelables aux mains des collectivités territoriales et des citoyens à l’horizon 2030 (à savoir passer de 1,7 TWh actuellement à 5 TWh).Pour cela, l’Alliance rappelle que les projets avec une gouvernance locale bénéficient au territoire. « Selon le rapport de 2019 d’Énergie partagée, un projet d’énergie renouvelable porté localement génère deux à trois fois plus de retombées économiques pour le territoire qu’un projet classique. » On dit ainsi que pour 1 € investi, 2,50 € profitent au tissu économique local.
Dans le détail, un tiers de ces retombées proviennent des taxes (entre 10 000 et 12 000 € par mégawatt par an installé pour l’éolien par exemple) et des loyers (variables, mais souvent autour de 10 000 € par an pour une éolienne) issus de l’exploitation des installations, un tiers des revenus issus de l’investissement et un dernier tiers des contributions à l’économie locale (appel à la main-d’œuvre du territoire…).
Partage de la valeur
L’Alliance insiste aussi sur l’importance du partage de la valeur. « Celui-ci est notifié dans la loi Aper, article 93, mais le décret n’a toujours pas été publié. Nous poussons le gouvernement à le faire, puisque l’on sait que cela permettrait d’instiller davantage de projets. L’objectif est que les développeurs abondent des fonds pour que les collectivités puissent financer des projets locaux (rénovation énergétique, biodiversité), à savoir a priori 17 500 €/MW installé pour de l’éolien financé par appel d’offres, et d’autres niveaux appelés non connus encore pour les autres énergies renouvelables. Certains développeurs le font déjà d’eux-mêmes, sans avoir attendu le décret, mais sa publication généraliserait cette modalité, c’est capital », poursuit Auréline Doreau.
Renforcer les moyens humains et financiers des collectivités territoriales est aussi l’une des pistes, selon l’Alliance, qui suggère de développer les réseaux régionaux d’accompagnement à l’énergie citoyenne, ou encore les Générateurs, le réseau de conseillers éolien et photovoltaïque mis en place par l’Ademe.


