Le tour de la question

Après un retard à l’allumage, les labels « Ville solaire » et « Département solaire » redémarrent

Lancés en 2018 dans le cadre du plan « Place au soleil » du ministère de la Transition écologique, ces labels visent à promouvoir l’engagement des collectivités locales dans le déploiement de l’énergie solaire sur leur territoire. Deux ans après, le dispositif commence seulement à s’organiser.

PAR ESTELLE BOUTHELOUP - JUILLET 2020
Le label vise à promouvoir l’engagement des collectivités locales dans le déploiement de l’énergie solaire ©DR

L’objectif ? Impliquer et mettre à contribution 100 « villes solaires » à horizon 2020. « Ce sera finalement pour 2021. La mise en place a pris du retard… », annonce Rodolphe Morlot, coordinateur EnR et bâtiment au service Réseaux et énergies renouvelables de l’ADEME. La raison ? « L’organisation et les différentes concertations entre les représentants de collectivités, comme la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies et l’Association nationale des collectivités, associations et entreprises pour la gestion des réseaux de chaleur, de l’énergie, et des déchets, Amorce, qui devaient créer un collectif et écrire un référentiel, n’a pas abouti. » Ainsi, en septembre 2019, le projet a été confié à l’Ademe pour organiser et structurer le label. Si l’écriture du cahier des charges avec la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) a été réalisée, la crise du Covid-19 et le confinement ont à nouveau mis en stand by cette nouvelle dynamique. « Suite aux orientations données, un marché pour l’élaboration du référentiel va être lancé. Un référentiel qu’il faudra ensuite étudier, valider et rédiger avec les critères d’évaluation retenus », poursuit Rodolphe Morlot.

1, 2, 3… soleils

À l’image du label « Villes et villages fleuris », « Ville solaire » et « Département solaire » pourraient récompenser les initiatives par une distinction de 1, 2, 3, ou 4 soleils. Ces distinctions doivent valoriser les actions et réalisations des acteurs locaux (collectivités, entreprises, associations) mises en place, ici, en faveur du déploiement de l’énergie solaire thermique et photovoltaïque sur leur territoire. Mais pour pouvoir prétendre au label, il faudra répondre à certains critères comme prouver son engagement sur une surface minimale de panneaux solaires par habitant ; réaliser un « cadastre solaire » – une cartographie accessible au public via un système d’information géographique – pour informer les citoyens du potentiel solaire d’une région, de bâtiments et de logements. Cela doit permettre de connaître la rentabilité énergétique et économique de la pose d’un système solaire thermique ou photovoltaïque. Mais il faut aussi équiper des bâtiments communaux de projets photovoltaïques ou encore proposer un projet pour animer le développement du solaire en accompagnant les porteurs de projets à travers une assistance à maîtrise d’ouvrage ou en permettant le développement du solaire dans les documents d’urbanisme. « Une vitrine de bonnes pratiques qui devrait faire école. On sait déjà par exemple que la ville de Montmélian en Savoie travaille sur le solaire depuis longtemps.», conclut Rodolphe Morlot.