Décryptage
Banque des territoires : trois fois plus de prêts en Auvergne-Rhône-Alpes
2025 constitue au niveau national une année de forte augmentation d’activité pour le financement du secteur public local par la Banque des territoires. Les prêts aux collectivités et aux bailleurs sociaux en Auvergne-Rhône-Alpes ont pour leur part été multipliés par trois par rapport à l’année précédente : un volume d’activité inédit, qui place la région en deuxième position après l’Île-de-France.

La Banque des territoires, émanation de la Caisse des dépôts et consignations, transforme une partie de l’épargne réglementée (livrets A, développement durable et solidaire, épargne populaire) en prêts à long et très long termes (jusqu’à 80 ans) adressés aux acteurs publics locaux : collectivités, établissements publics, bailleurs sociaux, etc. Déclinée dans 37 implantations locales, son action vise des priorités désignées par l’État : logement social, politique de la ville, transformation écologique et environnementale.
En volume d’activité inédit en Auvergne-Rhône-Alpes
En Auvergne-Rhône-Alpes, plus de 3,6 milliards d’euros ont été prêtés aux collectivités et aux bailleurs sociaux en 2025, soit trois fois plus qu’en 2024, pour des projets engageant souvent les territoires dans la transition énergétique, un « axe fort » pour Philippe Jusserand, directeur régional. Ainsi, 343 projets de bâtiments performants, dont des établissements scolaires basse consommation, ont obtenu 571 millions d’euros de prêts en 2025, soit un tiers de plus que l’année précédente.
« C’est un volume d’activité inédit, dû en grande partie au montant d’un prêt accordé à la Région pour décarboner les rames de TER : 475 millions d’euros, soit près de la moitié des prêts aux collectivités locales. Mais notre vocation à être présent aux côtés des territoires ruraux de petite taille se ressent aussi ici, avec 27 actions Cœur de ville ou 226 programmes Petites villes de demain : des dispositifs nationaux de redynamisation des centres-bourgs où nous subventionnons des études et accordons des prêts avantageux pour la réalisation des projets. »
Prêts de très long terme
Ces prêts bénéficient de taux particulièrement compétitifs, puisqu’ils sont adossés à ceux du livret A, mais aussi uniques en leur genre, puisqu’ils peuvent aller jusqu’à 80 ans, pour financer des acquisitions foncières, par exemple. « Nous sommes la seule banque proposant des durées d’amortissement de 40 à 50 ans, notamment pour des infrastructures lourdes comme celles portant sur l’écologie : réseaux d’eau et d’assainissement, mobilité, rénovation énergétique, etc. », poursuit le directeur régional.
C’est ainsi que Bourg-en-Bresse a pu poursuivre sur 500 mètres la mise en œuvre d’une zone de déplacement doux et sécurisés pour piétons et cyclistes sur une ancienne voie dédiée aux voitures. Le projet prévoit également la création d’un îlot de fraîcheur et la désimperméabilisation d’une allée le long de la rivière Reyssouze, en centre-ville, pour un prêt de 500 000 € en 2025. La Banque a également investi 74 millions d’euros en fonds propres dans 21 projets en région Auvergne-Rhône-Alpes. C’est le cas pour « Re-Sources » un écoquartier de Romans-sur-Isère associant habitat intergénérationnel et solidaire, mobilités alternatives, construction bas carbone et espaces partagés. Il bénéficiera de 3,8 millions d’euros de subventions suite à l’appel à manifestation d’intérêt « Démonstrateurs de la ville durable » dans le cadre de France 2030.
« Il y a de la dette utile »
Les collectivités locales sont traditionnellement frileuses sur l’endettement, alors que des investissements vertueux, comme ceux consacrés à la transition énergétique, permettent des économies de fonctionnement. « Il y a de la dette utile, rappelle Philippe Jusserand : quand on rénove une école, cela offre un meilleur confort aux élèves et aux personnes qui y travaillent tout en faisant baisser la facture énergétique. Décarboner fait partie de nos axes prioritaires, il faut en profiter : nous prêtons et nous nous associons aux projets, en les subventionnant ou en entrant au capital de sociétés d’intérêt public, comme Sowatt Solutions. La société par actions simplifiée, détenue à 49 % par la banque et 51 % par Sowatt, installera 65 stations de recharge pour véhicules électriques haute puissance dans le sud-est de la France. Nous y avons investi 9,8 millions d’euros. »


