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Bornes de recharge : un livre blanc pour définir une stratégie territoriale
La FNCCR, le Serce et l’Avere-France publient un livre blanc destiné aux collectivités consacré au déploiement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques (Irve) dans les territoires. L’idée est d’éclairer les collectivités dans les domaines technique, réglementaire, juridique et financier.

La FNCCR, le Serce (organisation professionnelle représentant les entreprises de la transition énergétique et numérique) et l’Avere-France (association pour le développement de la mobilité électrique) viennent de publier un livre blanc intitulé L’Action publique locale face au défi de la démocratisation de la recharge. Objectif ? Aider les collectivités à déployer des infrastructures de recharge pour véhicules électriques (Irve).
« Nous nous sommes rendu compte que tous les acteurs de l’écosystème – élus, syndicats d’énergie, fabricants, opérateurs, installateurs – se posaient des questions sur ce sujet. La complexité des options semble un frein au déclenchement des investissements. Tout le monde a besoin d’aides et de clarifications, d’où l’idée de ce livre », explique Emmanuel Martin, président de l’atelier Irve et mobilités durables au Serce. Il donne donc des clés sur divers points : le réglementaire, le juridique, la technique, le financier… Voici quelques-uns des volets abordés.
Trois piliers
Concernant le contexte de l’intervention publique en matière d’Irve, le document rappelle qu’elle doit se faire dans le respect du principe de liberté du commerce et de l’industrie après constat d’une carence de l’initiative privée. Le maillage territorial repose sur trois piliers législatifs et réglementaires complémentaires, qui agissent à des échelles différentes, mais convergentes :
– le réseau structurant et l’itinérance longue distance (AFIR) ;
– la recharge de proximité liée aux bâtiments et aux usages quotidiens (DPEB), qui permet d’équiper les bâtiments résidentiels et non résidentiels, et ainsi de réduire la pression sur l’espace public ;
– la planification territoriale de la recharge ouverte au public (LOM), qui prévoit que les bâtiments non résidentiels comportant un parc de stationnement de plus de 20 places doivent disposer d’au moins un point de recharge tous les 20 emplacements.
Donner accès à la mobilité durable
Le livre blanc rappelle que le sujet des Irve est à l’intersection de plusieurs politiques publiques : énergie, mobilité et aménagement du territoire. Ce qui implique une nécessaire coordination entre acteurs (collectivités, opérateurs, gestionnaires de réseau) et une planification stratégique (via les schémas directeurs d’Irve). Sur les enjeux technico-économiques, on lit l’importance du bon dimensionnement de l’offre*, du choix des emplacements et du taux d’utilisation à long terme. Différents retours d’expériences sont aussi mis en avant.
« En installant des bornes de recharge, les syndicats d’énergie œuvrent avec leurs élus au maillage complet du territoire. Tout le monde doit se mettre en ordre de bataille. Proposer la recharge dans des lieux où des populations n’ont pas accès à un garage est capital. Les citoyens doivent pouvoir se déplacer de manière sereine et accéder à une mobilité durable. Les nouvelles municipalités ont un rôle important à jouer », conclut Charles-Antoine Gautier, directeur général de la FNCCR.
* Le sous-dimensionnement présente un risque de saturation et de mauvaise expérience pour l’usager, le surdimensionnement, celui d’investissements inutiles.
En chiffres
Au total, l’Irve d’initiative publique (secteur public et initiative publique/privée) représente près de 44 % du parc de points de recharge en France.


