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Canicule : comment les collectivités peuvent agir

Agir à l’échelle de l’individu, travailler sur l’urbanisme durable via la place de l’arbre en ville et la circulation des flux d’air, réfléchir aux mobilités douces… La FNCCR propose divers leviers d’action pour que les collectivités s’adaptent aux pics de chaleur.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - JUILLET 2020
Le miroir d’eau de Nantes au pied du château des ducs de Bretagne ©DR

Fiches pratiques, guides, webinaires… la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) travaille depuis plusieurs années sur la thématique des canicules pour proposer aux collectivités des pistes pour y faire face. Elle publie en septembre un livre dédié, Rafraîchissement urbain et confort d’été – Lutter contre les canicules (éd. Dunod). Guillaume Perrin, son auteur, est chef adjoint du département Énergie et chef du service des réseaux de chaleur et de froid. Il livre quelques leviers d’action.

Travailler sur les formes urbaines

« L’une des pistes essentielles pour les collectivités, c’est d’inscrire certains principes d’aménagement dans les PLU. Elles peuvent jouer sur l’albédo des matériaux, c’est-à-dire faire le choix de matériaux qui réfléchissent le plus l’énergie solaire. On privilégie ainsi les murs blancs, les toitures et pavés clairs. C’est l’un des axes les plus facilement réalisables à court terme », détaille Guillaume Perrin. Ensuite, il est primordial de travailler sur la place des grands ensembles pour favoriser les déplacements des flux d’air naturel. « À Paris par exemple, il y a des flux d’air naturellement présents à Montmartre. Si on construit des immeubles perpendiculaires à la pente, ils vont être arrêtés et les quartiers en dessous ne bénéficieront plus de cet air-là. Il faut éviter l’effet de canyon urbain. »

Trame bleue : le retour de l’eau

Un premier levier d’action peu coûteux, c’est celui de (re)mettre des fontaines et des miroirs d’eau dans les villes. Ensuite, favoriser l’utilisation de matériaux poreux et le ruissellement pour faire en sorte qu’une partie des eaux des orages notamment pénètrent dans le sol, pour le nourrir (et favoriser la biodiversité) et aussi éviter des saturations de collecteurs en bout de chaîne. « Toutes les grandes et moyennes villes ont déjà commencé à s’y mettre : Nantes, Brest, Lyon, Albi et l’agence de l’eau Artois-Picardie ont travaillé là-dessus par exemple », poursuit Guillaume Perrin.

Trame verte : végétaliser la ville

La trame verte va de pair avec la bleue : il y a une nécessité à aménager davantage d’espaces verts dans les villes. « Les arbres ont l’avantage de porter des zones d’ombrage et permettent aussi l’évapotranspiration, souligne Guillaume Perrin. Une réflexion doit être menée sur le choix des arbres : le pin, que l’on voit beaucoup dans le Sud, n’apporte aucun pouvoir en termes d’évapotranspiration, au contraire de l’hévéa, du peuplier… »

Installer des réseaux de froid

« Les réseaux de froid, qui sont peu connus pour le moment, sont une solution très intéressante environnementalement parlant, notamment par rapport aux climatiseurs individuels qui provoquent des appels de puissance sur le réseau », précise Guillaume Perrin. Si techniquement, ces réseaux – où l’eau glacée est générée à partir d’une production centralisée souvent issue d’énergie renouvelable et de récupération – ne sont pas compliqués à mettre en place, ils nécessitent tout de même d’importants travaux de voirie.

Agir à l’échelle de l’individu

« Une première action à mettre en place simplement, c’est le confort et cela passe par l’aménagement des horaires de travail et l’habillement, en autorisant par exemple des vêtements plus légers. Cela évite de devoir allumer une climatisation, car tout le monde est en costume », explique Guillaume Perrin.

Toutes les fiches de la FNCCR sont à retrouver ici.