Spécial Energaïa

Cleantech Vallée : d’un monde à l’autre

Lancé officiellement le 31 janvier 2019, le projet Cleantech Vallée accompagne la transition économique et écologique du Gard rhodanien après la fermeture de la centrale thermique EDF en 2016.

PAR ANNE-CLAIRE POIRIER - DéCEMBRE 2019
La centrale photovoltaïque d’Aramon, développé par EDF Renouvelables, a une capacité installée de 5 MWc, soit la consommation électrique de près de 3 500 Gardois © Claude Corbier

Symbolisée depuis 1977 par sa spectaculaire cheminée de 252 mètres, la centrale au fioul d’EDF installée sur la commune d’Aramon, dans le Gard, a définitivement fermé ses portes au printemps 2016. Une page qui se tourne, un coup dur pour l’écosystème. Car si la centaine de salariés qui travaillaient sur ce site de 42 hectares a entièrement été reclassée, les collectivités, elles, ont dû faire une croix définitive sur les 4,15 millions d’euros de recettes fiscales versées annuellement par EDF.

Les Cleantech pour renaître

Pour redynamiser le territoire, la délégation régionale Occitanie d’EDF et la DPIT (direction production ingénierie thermique), ainsi que la Communauté de communes du Pont du Gard et la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien ont choisi les Cleantech. « Le diagnostic territorial a révélé un savoir-faire existant dans les secteurs de l’environnement, mais aussi de la chimie, de la construction. C’est pourquoi nous avons souhaité nous appuyer dessus pour engager la transition économique et écologique du territoire », commente Virginie Monnier-Mangue, présidente de l’association Cleantech Vallée.

Partenariat public-privé

Cette association publique-privée compte onze cofondateurs, dont Enedis, Orano, le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), Sanofi, l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) ou Cyclium. Grâce à l’aide du député Anthony Cellier, l’État a rapidement rejoint la dynamique avec la signature d’un contrat de transition écologique (CTE) concrétisé le 6 décembre 2018. En tout, pas loin de 150 millions d’euros d’investissement sont mobilisés pour donner naissance à la Cleantech Vallée, dont 800 000 euros de l’État, 90 000 euros de l’Ademe et 300 000 euros de la Région Occitanie.

Une vingtaine de projets labellisés

Le CTE englobe une vingtaine de projets sur trois ans, dont le Cleantech Booster, qui mobilise environ 350 000 euros sur trois ans. Il s’agit d’un programme d’accélération de croissance pour des start-up et PME gardoises. Une première promotion de onze entreprises a été sélectionnée en septembre 2019 pour être accompagnée. Elles prévoient déjà la création d’une quarantaine d’emplois. « L’idée est de les aider à développer leurs projets, qu’il s’agisse de faire du développement commercial ou de lancer un nouveau produit », commente Virginie Monnier-Mangue.

Parmi les autres projets labellisés CTE figurent également l’installation d’une centrale photovoltaïque de 5 MW sur le site de l’ancienne centrale (inaugurée en même temps que la Cleantech Vallée), la création d’un master “Management de la transition écologique et de l’économie circulaire” par le CEA Marcoule et Montpellier Management (université de Montpellier) ou encore le déploiement d’une logique d’écologie industrielle où les déchets/rejets de certaines entreprises deviendront une ressource pour d’autres. « Nous sommes également en train de regarder de nouveaux projets à intégrer », souligne Virginie Monnier-Mangue. Conformément à la doctrine du gouvernement, le CTE compte trois ans d’engagements mais doit engager une dynamique pour trente ans.

Retrouvez ce sujet sur le salon Energaïa « TRANSITION TERRITORIALE : LA DYNAMIQUE CLEANTECH VALLÉE » (Jeudi 12 decembre / 15.15 – 16.15 / Salle C ).