Décryptage
Comment accélérer la rénovation énergétique en copropriété ?
Fin 2025, à l’occasion du soixantième anniversaire de la loi sur les copropriétés, Hellio et l’Afast ont formulé des propositions pour accélérer la rénovation des 11 millions de logements en copropriété en France.

En France, près de 23 millions de personnes vivent au sein d’une copropriété. Et nombre d’entre elles auraient besoin d’être rénovées, énergétiquement notamment. C’est ce pour quoi Hellio, groupe spécialisé dans l’efficacité énergétique, qui accompagne des copropriétés sur des rénovations performantes, et l’Afast, l’Association des assistants à maîtrise d’ouvrage en copropriété, ont présenté fin 2025 un livre blanc avec des propositions pour accélérer la rénovation.
Un fonctionnement spécifique
« La façon de fonctionner d’une copropriété est très différente de celle d’une maison individuelle, d’un bâtiment de collectivités ou du parc de logements sociaux », rappelle Tanguy Dupont, vice-président du groupe Hellio en charge du pôle logement.
« Certaines copropriétés sont gérées par un syndic professionnel – qui ne possède pas les bâtiments –, mais pas toutes. D’autres le sont par un syndic bénévole. On sait que les syndics ont une forte charge de travail sur un spectre de missions assez large, et peu de temps pour être moteurs sur la rénovation énergétique. En plus, de manière générale, les propriétaires en copro ont tendance à vouloir garder leur épargne pour des travaux dans leur logement uniquement, ou des investissements personnels : c’est rarement le collectif qui est prioritaire. Malgré tout, de plus en plus de copros comprennent l’intérêt des travaux, pour une meilleure qualité de vie, des factures qui baissent et aussi une valorisation des logements, via la valeur verte notamment. »
Visibilité sur les aides
Parmi les propositions formulées, le fait de garantir des outils financiers adaptés à la copropriété, en donnant une visibilité sur cinq ans à MaPrimeRénov’ Copropriété. « Le budget dédié se décide annuellement. Or, le manque de visibilité sur les financements est un frein majeur. Les décisions de travaux de rénovation en copropriété prennent du temps, et les travaux sont souvent planifiés sur plusieurs années », poursuit Tanguy Dupont. Il précise néanmoins que les aides attribuées sont très attractives, et que les règles ont peu changé depuis 2021, ce qui est favorable. « Dans beaucoup de cas, l’accès à MPR Copropriété et les écoprêts à taux zéro collectif permettent de financer la totalité des projets. »
Le livre blanc estime qu’il faudrait aussi permettre au DPE collectif (le DPE des immeubles) de satisfaire aux obligations de décence énergétique d’un logement individuel situé en copropriété. « Concrètement, nous proposons, sous certaines conditions, la possibilité pour les propriétaires bailleurs d’avoir le choix de remplacer le DPE individuel par le DPE collectif de leur logement. Parfois, les DPE collectifs ont un meilleur score que les individuels. Cela incitera au vote de projets de travaux énergétiques collectifs* », souligne Tanguy Dupont.
Former les syndics
L’Afast et Hellio proposent aussi que les syndics puissent bénéficier de formations sur la transition énergétique, puisque, selon une étude de l’Institut Paris Région, 80 % des syndics franciliens interrogés jugent la réglementation complexe. « Ils sont essentiels à la mise en marche des projets, donc ils doivent monter en compétences sur ces sujets. »
* Un logement individuel avec une classe interdite à la location ne le serait pas si le DPE collectif était meilleur, sous condition que des travaux globaux soient en projet pour améliorer les performances énergétiques totales.


