Stratégie

Comment Amiens veut atteindre l’autonomie énergétique en 2050

Depuis 2017, collectivités, laboratoires de recherche et entreprises sont rassemblés dans le cluster Energeia. Groupes de travail, appels à projets innovants… Divers outils sont déployés pour qu’Amiens soit autonome en énergie d’ici trente ans.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - AVRIL 2020
Des groupes de travail ont d’ores et déjà commencé à plancher sur la méthanisation, le stockage de l’énergie et bien d’autres sujets.  © Amiens cluster

Comment est né le cluster Energeia ?

En 2014, Amiens métropole a adopté le Pacte pour l’emploi et l’innovation en identifiant trois axes principaux : l’énergie, la santé et le numérique. L’association Amiens cluster a été créée en 2017 et le cluster Energeia a vu le jour. Il rassemble aujourd’hui la Ville d’Amiens, la métropole, des entreprises et des laboratoires du territoire.

Quel est son but ?

« Mettre en place une stratégie d’innovation qui contribuera à l’autonomie énergétique d’Amiens [200 000 habitants, ndlr] en 2050, c’est-à-dire, pour résumer, baisser la consommation de 60 % et multiplier par sept notre production. Aujourd’hui, on produit 2 % de notre consommation d’énergie. Le travail à réaliser est donc considérable, mais diverses actions sont déjà engagées par la ville, tel le réseau de chaleur collectif qui couvre les besoins en chauffage de 20 000 foyers », détaille François-Xavier Level, directeur général d’Amiens cluster. Pour cela, six thématiques de travail ont été identifiées : production d’énergies renouvelables, stockage de l’énergie, optimisation énergétique, mobilité propre, bâtiments durables, citoyens. L’objectif est qu’Amiens soit un territoire pilote et que la stratégie du cluster soit duplicable.

Les six thématiques de travail engagées. ©DR

Comment s’est organisé le cluster ?

Les élus métropolitains ont tout d’abord signé, en mai 2019, une feuille de route engageant la collectivité dans des actions de transition énergétique. La phase 2 a ensuite été mise en place avec des actions de communication pour promouvoir cette stratégie et rassembler des entreprises et laboratoires, via notamment le colloque Amiens Energy Summit fin 2019 (un deuxième du genre aura lieu en 2021). Désormais, le travail opérationnel est lancé.



Qu’est-ce que le travail opérationnel ?

Différents groupes de travail ont été mis en place : sur l’énergie fatale, solaire, le stockage de l’énergie… « C’est l’un de nos points forts, puisque notre territoire abrite notamment la start-up Tiamat qui a mis au point une nouvelle génération de batteries sodium-ion », poursuit François-Xavier Level. Le cluster dispose aussi d’un incubateur/accélérateur, qui accompagnera des entreprises sélectionnées via des appels à projets innovants (les résultats du premier appel seront annoncés en juin, et un autre devrait avoir lieu d’ici à fin 2020). Des start-up sont par ailleurs déjà suivies, comme Annolys, qui propose une solution de valorisation de la chaleur perdue des data centers de grands groupes.

Comment le citoyen va-t-il trouver sa place dans ce cluster ?

« Une plateforme en ligne est à l’étude, pour les particuliers souhaitant s’informer sur la rénovation énergétique. Ils y trouveront tout un bouquet de services, avec les potentiels d’économies d’énergie de leur logement, les partenaires à contacter… L’idée est de simplifier au maximum les démarches », souligne François-Xavier Level.

Quel est le budget du cluster ?

Le budget annuel du cluster s’élève 350 000 euros pour quatre temps pleins. Le financement vient à 80 % du secteur public (ville et région Hauts-de-France notamment) et à 20 % du privé (adhérents…). L’objectif est de faire croître cette deuxième part.