Stratégie

Comment mener une transition numérique responsable ?

La Bretagne a été la première région de France labellisée Numérique responsable. Elle a pour cela mis en œuvre un plan d’actions pluriannuel : sensibilisation aux écogestes, achats de matériels issus de la filière de réemploi, etc. Une stratégie efficace pour réduire l’impact environnemental des collectivités, y compris les plus petites, mais qui nécessite du personnel dédié.

PAR ARNAUD WYART - JUILLET 2025
Les actions ont porté sur la sobriété des usages, avec par exemple l’extinction automatique des 50 000 postes informatiques de la région pendant les week-ends. ©Freepik

La région Bretagne a adopté, en février 2020, une feuille de route en faveur des stratégies numériques responsables. Sa mise en œuvre a été prise en charge par un agent dédié, recruté en 2018. Le but consistait notamment à réduire l’impact environnemental du numérique, en termes de consommation d’électricité et d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Les actions ont porté sur la sobriété des usages, avec par exemple l’extinction automatique des 50 000 postes informatiques de la région pendant les week-ends, ou encore la mise en place d’une nouvelle stratégie d’impression, par badge, permettant aux agents de suivre leur consommation et de visualiser le coût carbone de chaque impression. Un paramétrage par défaut plus sobre et un système de quotas ont également permis de réduire le nombre annuel des impressions. « En outre, les agents ont été sensibilisés aux écogestes : éteindre son ordinateur lorsque l’on quitte son bureau, par exemple, éviter de le brancher sur le secteur lorsque l’on est en déplacement, le recharger en dehors des moments de pics de consommation sur le réseau, etc. », indique Hervé Le Luherne, l’agent recruté en 2018, désormais responsable de la cellule numérique de la région Bretagne.

Soutien de la filière de réemploi

La région a également mené des actions au niveau des achats d’équipements et de logiciels. Ceux-ci doivent ainsi répondre à certains critères en termes de consommation d’énergie et/ou de matériaux utilisés. En outre, la collectivité respecte le taux légal de 20 % de son parc informatique qui doit être issu du réemploi, même si le recours à des équipements reconditionnés est complexe à mettre en œuvre. Le marché du reconditionnement n’est pas suffisamment mâture actuellement pour livrer en nombre des ordinateurs disposant des même caractéristiques. Cette homogénéité est pourtant indispensable en matière de maintenance et de cybersécurité. « Par ailleurs, un travail d’accompagnement est nécessaire, explique Hervé Le Luherne. Il existe en effet un peu d’appréhension chez les utilisateurs vis-à-vis d’un équipement réemployé. Nous avons intégré sur nos marchés publics la possibilité d’acheter ce type de matériel et nous appliquons notamment cette mesure dans les lycées, qui comptent 45 000 postes de travail, mais il est difficile d’aller au-delà des 20 %. » C’est pour cette raison que la région privilégie le reconditionnement de son propre matériel. Avec d’autres collectivités du territoire, elle fait don de l’ensemble de ses équipements informatiques à Ordi Grand Ouest, une association spécialisée dans le reconditionnement.

La transition dans les petites collectivités

Grâce à ces actions, la région Bretagne a obtenu le label Numérique responsable (1) de 2022 à 2025. Elle a pu réduire progressivement ses consommations d’électricité et ses émissions de GES, mais il lui est difficile de chiffrer les résultats, sa capacité de mesure de l’impact environnemental étant récente. Toutefois, la région espère atteindre son objectif de baisse de 24 % de ses émissions de GES annuelles en 2030. Cette année, la collectivité a d’ailleurs entamé une démarche pour obtenir le niveau 2 du label Numérique responsable et un nouvel agent a été recruté. Selon la région Bretagne, un recrutement est impératif, d’autant plus dans les petites collectivités. « Le défi est relativement difficile à relever, car il faut pouvoir dégager du temps sur un sujet neuf et qui reste à explorer. Dans une communauté de communes, par exemple, la mutualisation est possible. Cependant, il ne faut pas chercher absolument la labellisation. Les objectifs doivent être raisonnables. On peut faire beaucoup de choses intéressantes. En ce sens, la coopération des territoires est importante. De grandes collectivités ont mené des travaux et leur expérience peut être très utile pour les plus petites », assure Hervé Le Luherne.

(1) Le label est délivré par l’Institut du numérique responsable (INR), suite à un audit et à la prise d’engagement sur un plan d’actions pluriannuel.

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