Stratégie

Crêtes préardennaises, la transition volontaire

Cette collectivité s’est engagée en 2013 dans un plan Climat Énergie territorial ambitieux alors qu’il n’était pas obligatoire. Comment a-t-elle atteint ses objectifs ? Explications.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - MARS 2021
Parc éolien citoyen Les Ailes des Crêtes. ©Capteur studio

La communauté de communes des Crêtes préardennaises, au cœur des Ardennes, entre Charleville-Mézières, Reims et Sedan, est une collectivité rurale. Ses 22 000 habitants vivent dans 94 communes – dont la plus grande ne dépasse pas les 1 400 habitants ! – sur une étendue de 1 000 km². Des terres agricoles, des pâtures, de la forêt et seulement 4 % de la surface urbanisée. « Depuis une vingtaine d’années, via le Pays des Crêtes préardennaises, les habitants et acteurs locaux sont associés à la construction de projets de territoire divers, explique Jean-Marie Oudart, vice-président à la transition énergétique et écologique de la communauté de communes. En 2013, nous avons décidé, alors même que ce n’était pas encore obligatoire, de nous lancer dans un plan Climat Énergie territorial (PCET). »
Les citoyens ont donc participé à des travaux collectifs organisés par thématiques pour voir quels projets pourraient être mis en place pour parvenir à des objectifs ambitieux en 2020 : – 20 % d’émissions de gaz à effet de serre (GES), – 20 % de consommations énergétiques, 100 % des besoins énergétiques (hors transport) du territoire couverts par les énergies renouvelables. « Le dernier objectif est atteint, les autres sont bien avancés », se félicite l’élu. Dans le détail, la communauté de communes couvre de 150 à 200 % de ses besoins d’électricité et 65 % de ses besoins de chaleur grâce aux énergies renouvelables, ce qui donnerait une moyenne de 100 %.


Déclinaison du plan Climat en plans communaux


Parmi les projets phares qui ont permis cela : des opérations programmées d’amélioration thermique des logements (avec des aides complémentaires à celles possibles au niveau national), les parcs éoliens, les centrales villageoises photovoltaïques – mises en place grâce à une animation de deux/trois ans de la collectivité visant à mobiliser les citoyens –, des circuits courts autour de l’alimentation, les réseaux chaleur bois. « Tout cela a été possible aussi via la déclinaison du PCET en plans climat énergie communaux, avec une ingénierie mutualisée sur le conseil de l’énergie, portée par l’Agence locale de l’énergie départementale. Cela n’a pas forcément été simple, au début, de convaincre les élus des petites communes de s’engager dans la transition énergétique, puisqu’on est là sur des problématiques de long terme, dans lesquelles il faut se projeter, avec des rentabilités pas forcément immédiates », poursuit Jean-Marie Oudart.

Transversalité et mise en réseau

L’un des autres ingrédients de la réussite, selon l’élu, c’est la façon de concevoir les projets de manière transversale entre les différents services et chargés de mission (PCET, alimentation, urbanisme, assainissement…). « Il faut aussi se plonger dans les divers dispositifs et à chaque fois aller chercher les aides correspondantes, ce qui peut être fastidieux. »
La collectivité est aujourd’hui engagée dans la démarche Tepos et a défini, via son nouveau plan Climat, des objectifs à horizon 2030 encore plus ambitieux : – 40 % d’émissions GES, – 36 % de consommations énergétiques, 100 % des besoins énergétiques du territoire couverts par les énergies renouvelables. « L’un des prochains chantiers est donc de travailler sur le transport en se mettant en réseau avec les intercommunalités voisines », conclut l’élu.

En chiffres

1 730 logements ont été aidés pour des travaux de rénovation.
Une dizaine de parcs éoliens en tout, dont un citoyen (Les Ailes des Crêtes) : 3 mâts, 2,4 MW de puissance installée. 3,6 millions d’euros d’investissement – dont 1,8 million d’euros des citoyens.
Centrales villageoises photovoltaïques : une en fonctionnement (55 foyers, 15 toitures, capacité de production de 112 000 kWh/an, coût total : 250 000 €). Une autre sera mise en service d’ici fin 2021, et l’animation d’une troisième va débuter.