Initiatives
Dans la Vienne, un programme de rénovation globale des bâtiments communaux
Énergies Vienne, le syndicat départemental d’énergie, accompagne techniquement et financièrement les municipalités à rénover leur patrimoine, quand elles s’engagent sur des travaux engendrant d’importantes économies d’énergie.

Accompagner la rénovation énergétique globale de 50 bâtiments publics chaque année pendant dix ans, voilà l’ambition du syndicat Énergies Vienne. La barre des 100 bâtiments réhabilités a été franchie fin 2025. Rembobinons.
Une vaste campagne d’audit
Un peu avant les années 2020, le syndicat a accompagné les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sur leur plan climat-air-énergie territorial (PCAET). « En 2020, un constat a fait consensus chez les collectivités : la partie bâtiments semblait un levier plus facile à activer que les énergies renouvelables ou la mobilité, par exemple, pour atteindre des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre », souligne Thomas Caillaud, responsable planification de la transition énergétique au syndicat Énergies Vienne.
Une grande campagne d’audit énergétique – financée à 50/50 par le syndicat et des fonds européens – a donc vu le jour : elle concernait 1 200 bâtiments en quatre ans, à savoir quasiment la moitié du patrimoine public des 206 communes engagées. « Nous avons compris que les audits ne suffiraient pas à déclencher les travaux d’envergure ou de rénovation globale, qui, pour certains, peuvent se révéler très coûteux, sur des constructions des années 1950-1960, avec au-delà de la réhabilitation énergétique, une électricité plus forcément aux normes, de nouvelles règles pour les personnes à mobilité réduite à intégrer, parfois des désordres structurels… »
Prêts à taux 0 avec différé
Le syndicat s’est donc constitué assistant à maîtrise d’ouvrage, rassemblant les différents corps d’état, pour accompagner les communes techniquement. Il a travaillé sur cette approche avec l’Agence des territoires (AT86), émanation du Département de la Vienne, bien rodée à l’accompagnement de ce type de projet. Les communes sont aussi accompagnées financièrement, dès lors qu’elles s’engagent à réaliser un des deux scénarios les plus ambitieux en termes d’économie d’énergie.
« Le syndicat propose jusqu’à 25 % de subventions du coût global HT des travaux, dans un maximum de 250 000 euros par projet. Nous les incitons en sus à décrocher les différentes aides possibles (Fonds vert, dotation d’équipement des territoires ruraux, dotation de soutien à l’investissement local, dispositif Activ’…) et, pour le reste à charge, nous proposons des prêts à taux 0 avec différé de deux ans entre la fin du chantier et le début du remboursement, permettant son financement par la commune via les économies réalisées sur la consommation d’énergie », poursuit Thomas Caillaud.
En s’appuyant sur les audits réalisés, l’objectif est d’atteindre en moyenne 50 % d’économie d’énergie. Le suivi pour évaluer le programme et confirmer son objectif est en train d’être mis en place avec les services des intercommunalités.
Coûts globaux
Quelles sont les clés de la réussite de ce large programme ? « Le fait que l’on raisonne en coûts globaux, pas en silo. Le chiffrage des travaux intègre tous les coûts induits (plomberie, électricité…), qui sont aussi éligibles aux aides que nous apportons, ce qui permet aux communes de se projeter sur les économies d’énergie », indique Thomas Caillaud. Et de préciser : « Côté difficultés, le manque de visibilité sur les aides de l’État revient souvent sur la table des discussions. Nous rencontrons parfois aussi quelques frictions avec des maîtres d’œuvre restés sur des schémas de pensée anciens [qui n’envisagent pas forcément la rénovation globale, ndlr]. Dans ce cadre, nous avons noué des relations avec l’Ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine pour travailler en bonne intelligence. »
En chiffres
– Objectif de 50 bâtiments rénovés par an pendant dix ans. Objectif annuel atteint depuis 2024.
– 100 millions d’euros d’investissement du syndicat Énergies Vienne sur dix ans, de 2020 à 2030.
– 206 communes et 6 EPCI engagés dans la démarche.


