Initiatives
Dans les Pyrénées, cette boucle d’autoconsommation collective intègre une éolienne
À Saint-Arnac, une éolienne et une toiture solaire alimentent des bâtiments communaux et intercommunaux. Une première en France, dans un projet qui a associé public et privé.

Depuis novembre 2025, une boucle locale d’autoconsommation collective (ACC) est en service sur les communes de Saint-Arnac et Lesquerde (Pyrénées-Orientales). Classique ? Pas vraiment, car en plus d’une centrale solaire, elle intègre une éolienne. C’est une première en France ! Rembobinons pour comprendre.
« Cette éolienne est en service à Saint-Arnac depuis 2005. En 2018, elle a fait l’objet d’un repowering, et sa puissance est passée de 1,7 MW à 2,3 MW. Dans le même temps, nous avons mis en service non loin un parc de dix machines. La commune de Saint-Arnac a quant à elle installé une centrale solaire de 14 kW en autoconsommation sur le toit de sa mairie », relate Thomas Duffès, responsable du développement éolien et solaire pour Valeco en Occitanie. « Nous réfléchissions à créer une boucle d’autoconsommation collective, mais ne savions pas vraiment comment nous y prendre avec la PMO (personne morale organisatrice). Nous avons donc entamé les discussions à ce sujet avec Valeco », poursuit Guy Calvet, le maire de Saint-Arnac.
Économies jusqu’à 5 000 € par an
L’éolienne et la toiture solaire ont donc intégré la PMO de Valeco, déjà créée auparavant pour d’autres projets. « Il n’était malheureusement pas possible d’y faire entrer le parc voisin éolien (23 MW), car aujourd’hui, l’autoconsommation collective a un seuil de puissance maximale de 5 MW », précise Thomas Duffès. D’où la difficulté de voir émerger en France des boucles avec des éoliennes, puisqu’en général, les parcs dépassent cette puissance. Il est en effet rare d’avoir des parcs avec seulement une ou deux éoliennes.
« Notre commune, ainsi que celle de Lesquerde, mais aussi la régie des eaux de la communauté de communes (pour leurs compteurs électriques) et le Sydeel 66 (syndicat d’énergies), pour leurs bornes de recharge de véhicules électriques situées à 20 kilomètres maximum de l’éolienne et de la centrale solaire, sont ainsi entrés dans la boucle pour être consommateurs », indique Guy Calvet. L’électricité est vendue à un prix très compétitif : 0,10 €/kWh TTC (0,05 €/kWh HT « sortie producteur »), quand Saint-Arnac paye chez son fournisseur historique dans le même temps autour des 0,17 €/kWh TTC. « Nous avons calculé que cela nous permettrait d’économiser entre 3 000 et 5 000 € chaque année, et espérons basculer ces économies en investissements pour des projets énergétiques, de voirie… »
Donner du sens
D’ici quelques mois, un bilan sera fait pour réfléchir à la possibilité d’intégrer des administrés dans la boucle. « L’éolienne a encore beaucoup de production qu’elle ne vend pas en local, donc c’est tout à fait possible d’élargir. Mais l’idée n’est pas d’entrer en concurrence avec d’autres boucles potentielles d’ACC qui seraient en cours de montage sur le territoire. Il faut venir en complémentarité. Là, la PMO est celle de Valeco, mais on peut aussi valoriser la production de nos parcs dans des PMO portées par des collectifs de citoyens, par exemple », ajoute Thomas Duffès. Pour Guy Calvet, cette boucle est « porteuse de sens. Elle permet de partager l’énergie locale et de donner du sens au projet, et à la transition énergétique en général. »
En chiffres
• Production annuelle de la boucle : autour de 5 000 MWh. Cela permet de couvrir 55 % des besoins électriques des structures consommatrices.
• – 15 % sur la facture d’électricité pour les structures consommatrices.
• 6 % de la production de l’éolienne est valorisée dans la boucle d’autoconsommation.


