Le tour de la question
Donner son surplus d’électricité solaire
En mettant en place une Amep, il est possible de donner le surplus de sa production photovoltaïque à des bénéficiaires situés dans la même zone géographique. Ceux-ci doivent néanmoins intégrer au moins un bénéficiaire en précarité énergétique ou une association solidaire.

Le concept des Amep (Associations pour la mutualisation d’une énergie de proximité) a été créé en 2022 par Julie Lacombe et Christophe Brun. Basés à Simiane-Collongue, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et déjà engagés dans le milieu associatif, ceux-ci ont d’abord mis en place un système de don d’électricité solaire à leur entourage. « Des personnes inspirées par l’idée nous ont ensuite contactés pour lancer des projets similaires, indique Christophe Brun, cofondateur du Réseau des Amep. Les Amep ont commencé à se développer ainsi, puis elles se sont constituées en réseau. Aujourd’hui, il existe 31 structures locales ».
Une autoconsommation collective solidaire
Techniquement, une Amep reste une opération d’autoconsommation collective. Elle est limitée par défaut à un périmètre de 2 km autour de la commune, extensible à 10 ou 20 km par dérogation. Les participants peuvent être des particuliers, des associations, des entreprises, etc. Particularité : le surplus de production doit bénéficier à au moins un consommateur en précarité énergétique et/ou à une association locale. Cette dimension solidaire est primordiale et elle est d’ailleurs inscrite dans les statuts de chaque association.
L’Amep de Julie Lacombe et Christophe Brun, par exemple, travaille avec un Esat (établissement ou service d’accompagnement par le travail). Certaines associations, comme l’association kWh suspendu, qui a mis en place trois Amep en Seine-Maritime, dans les Yvelines et dans les Côtes-d’Armor, ont quant à elles choisi un modèle ouvert uniquement à des consommateurs en précarité énergétique.
Accompagner les initiatives
Pour en savoir plus, il est possible de participer aux webinaires du Réseau des Amep qui proposent des retours d’expérience ou des informations sur la marche à suivre (lire encadré). Les personnes intéressées peuvent ensuite contacter directement le Réseau des Amep afin d’être accompagnées par un parrain qui a déjà monté une opération. « Celui-ci est en mesure de répondre à leurs questions. Il leur donne également accès à des ressources documentaires et à un réseau social pour échanger, explique Christophe Brun. Cela permet de simplifier le processus de création des Amep : rédaction des statuts, relations avec Enedis, documents à remplir, etc. »
Les projets commencent souvent avec un ou deux producteurs et quelques consommateurs, mais ils peuvent évoluer en intégrant ou en perdant des participants. De leur côté, les collectivités, notamment les communes, ont la possibilité de rejoindre une Amep, en tant que producteur ou de consommateur, voire d’en créer une. En outre, elles ont un rôle important à jouer dans la mise en relation entre donateurs et bénéficiaires. « Si une Amep naît généralement de la volonté d’une personne, cette dernière peut avoir des difficultés à trouver une structure solidaire ou des foyers en précarité énergétique, par exemple. Or la mairie gère le CCAS (centre d’action sociale) et elle connaît les foyers concernés, ainsi que les associations, en fonction de la cause que souhaite soutenir la personne », assure Christophe Brun.
Pour en savoir plus
Des webinaires sont organisés par le Réseau des Amep les derniers lundis de chaque mois. Le prochain se tiendra le 30 mars de 19h à 20h. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire ici.


