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Électricité : un service public à préserver

Les collectivités locales ont profité du congrès de la FNCCR organisé du 1er au 3 octobre pour rappeler la place qu’elles occupaient dans le système électrique français. Les élus défendent Enedis, mais l’engagent à faire davantage d’efforts pour s’adapter aux demandes des territoires.

PAR OLIVIER DESCAMPS - OCTOBRE 2019
Xavier Pintat, président de la FNCCR, lors du congrès de la FNCCR organisé du 1er au 3 octobre à Nice ©Patrice Diaz – photographe

D’un côté, la transition énergétique et la volonté de produire de l’électricité localement pour gagner en autonomie. De l’autre, la libéralisation des services de fourniture. La recomposition est à l’œuvre dans le secteur électrique. Et les propriétaires de réseaux que sont les communes veillent à ce que l’on ne perde pas de vue les grands principes d’un service public qui a fait ses preuves. À Nice, du 1er au 3 octobre, le congrès de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) a été l’occasion de les rappeler.

Le manifeste publié à cette occasion souligne en particulier l’attachement des acteurs locaux à la péréquation tarifaire et par extension, à son portage par l’opérateur Enedis. Le quasi-monopole octroyé à la filiale d’EDF qui gère 95 % des réseaux de distribution est « la moins mauvaise des solutions », d’après Xavier Pintat. Le président de la FNCCR est néanmoins conscient que Bruxelles pourrait finir par imposer davantage de concurrence dans le secteur. Selon le manifeste, il faudrait à minima conserver de grands acteurs régionaux capables de garantir un service uniforme sur chaque territoire.

Avenir incertain pour Enedis

Malgré cette prise de position, les autorités concédantes ont profité du congrès niçois pour rappeler à Enedis qu’il ne devait pas se comporter comme si les réseaux lui appartenaient. Deux ans après la signature d’un nouveau modèle de cahier des charges de concession, la FNCCR estime que l’opérateur ne joue pas le jeu quand il s’agit de le mettre en place au niveau local. Lors du congrès, une motion a été votée pour mettre en garde le concessionnaire. Principal reproche : l’incapacité à définir des « respirations locales », c’est-à-dire des règles qui tiennent en compte de l’histoire et des spécificités du territoire. Cette option figure pourtant noir sur blanc sur le modèle de contrat. Et les élus ruraux veulent l’activer pour conserver la main sur la maîtrise d’ouvrage de travaux qu’ils ont pris l’habitude de gérer. 
Alors qu’un projet de réorganisation d’EDF (Hercule) devrait être présenté au gouvernement après les élections municipales, les collectivités s’inquiètent par ailleurs de l’éventualité d’une ouverture de capital d’Enedis. Une option qui n’est pas celle de Jean-Bernard Lévy, le président du groupe venu à Nice pour rassurer les élus. Il n’a pas exclu en revanche que le bloc EDF vert auquel sera rattaché Enedis puisse, lui, faire l’objet d’une privatisation partielle.