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Fortes chaleurs : l’adaptation des écoles au rabais
Actee et la Banque des territoires ont ouvert cet été un guichet commun. Objectif pour les collectivités : déposer des demandes et bénéficier d’un diagnostic rapide et gratuit de leurs bâtiments scolaires. 60 millions d’euros étaient mis sur la table en juin. Mais dans l’été, le gouvernement a décidé de largement raboter le budget.

Fin juin, 4 000 écoles ont dû fermer et 11 000 ont aménagé leurs horaires. Les classes ne pouvaient en effet plus accueillir convenablement les enfants à cause de la canicule. Pour que cette situation ne se reproduise pas – ou en tout cas pas dans les mêmes proportions –, et parce qu’il n’est décemment pas envisageable de laisser des élèves et du personnel dans des salles pouvant grimper à 39 °C, une enveloppe de 60 millions d’euros, gérée par Actee et la Banque des territoires (via son programme Édurénov) et faisant partie du plan d’urgence de l’État pour l’adaptation climatique des établissements éducatifs, a été débloquée en juin, bénéficiant alors d’une large couverture médiatique.
De 60 à 16 millions d’euros
Mais début septembre, on apprend que, finalement, ce ne seront plus 60 millions d’euros qui seront mis sur la table, mais… 16 millions. Pourquoi ? Officiellement parce que les crédits vont être réaffectés au plan d’électrification. Concrètement, le dispositif reposait sur deux volets : d’abord un diagnostic gratuit prévu pour environ 12 500 écoles et bâtiments éducatifs (montant unitaire moyen 4 000 €), ensuite une aide forfaitaire de 10 000 € pour les 2 500 écoles les plus durement touchées, identifiées par le ministère de l’Éducation nationale.
Le guichet pour que les collectivités puissent faire une demande d’accompagnement avait ouvert ses portes début juillet, car l’objectif, comme nous l’expliquait Guillaume Perrin, directeur d’Actee, en juillet, était de lancer les diagnostics le plus vite possible. « Les experts qui vont les réaliser ont déjà été identifiés et ils sont prêts à passer à l’action. Les matériaux, l’exposition au soleil, l’isolation, la ventilation, les usages et la configuration des locaux vont être passés au crible afin d’identifier les actions les plus efficaces. Les experts donneront ensuite des conseils sur mesure aux collectivités, notamment en les orientant vers les solutions low tech les plus adaptées, parmi lesquelles les brise-soleil, les brasseurs d’air et la ventilation. »
Les écoles ne seront pas prêtes
Mais avec l’enveloppe rognée, les fonds ne permettront de financer que les diagnostics pour les 2 500 écoles, sans l’aide forfaitaire de 10 000 € à suivre. Sachant qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, 900 écoles seulement ont été identifiées par le ministère ! « Le plan était bien ficelé, efficace, rapide, donc c’est extrêmement dommage et nos élus expriment un fort regret », livre aujourd’hui Guillaume Perrin. Il rappelle que l’idée était d’agir vite, pour qu’un maximum d’écoles soient prêtes à affronter la chaleur dès le printemps 2027. « Ce ne sera pas le cas pour la majorité des écoles prévues. »
Cette méthode low-tech, Actee la connaît bien, puisqu’elle la déploie depuis quelques années à travers son programme Racine. Trente écoles ont ainsi été instrumentées et suivies. « On sait qu’elle permet de faire baisser la température jusqu’à 8 °C dans les classes, et ainsi de garder les écoles ouvertes. Le coût des travaux s’élève à autour de 20 000 € pour une école de 5 à 6 classes, quand les services techniques des collectivités installent eux-mêmes. »
D’autres fonds à mobiliser
Et pour les collectivités qui avaient déjà commencé le parcours sur le guichet dédié ? « Nous sommes embêtés, et allons voir ce qu’il est possible de faire dans les semaines à venir, notamment en espérant qu’Actee 4 [de nouveaux crédits, ndlr] puisse les aider. » La Banque des territoires est aussi en train de voir si elle peut retravailler sur ses crédits. Les collectivités peuvent également tenter de se tourner vers d’autres volets de la mobilisation nationale : le Fonds vert, mobilisable pour les travaux (même s’il a baissé ces dernières années), ou encore les dotations proposées par EDF.
L’énergéticien a en effet annoncé 80 millions d’euros en juin pour l’équipement des établissements scolaires, crèches et centres de loisirs. La moitié a déjà dû être affectée pour des solutions d’urgence qui devaient être déployées avant septembre (ventilateurs, brumisateurs, climatiseurs). L’autre le sera pour des équipements long terme (pompes à chaleur…). Certaines communes, visiblement plus engagées que l’État, ont aussi annoncé mettre d’importantes sommes sur la table. C’est le cas, par exemple, de Rezé, à côté de Nantes, qui a indiqué à la rentrée débloquer 2 millions d’euros pour adapter ses écoles.


