Stratégie

La Rochelle, objectif territoire zéro carbone pour 2040

L’agglomération, avec un consortium de divers partenaires, s’est lancée dans un ambitieux programme : baisser de 30 % son empreinte carbone d’ici à 2030 et atteindre la neutralité dix ans plus tard. Comment s’y prend-elle et quels sont les axes de travail ? Explications.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - SEPTEMBRE 2020
Le port de commerce est un important acteur économique de la région, faisant partie du consortium qui pilote le projet. ©Julien Chauvet – Ville de La Rochelle

Comment le projet est-il né ?

En 2017, l’agglomération de La Rochelle, en Charente-Maritime, a participé à la première phase de l’appel à projets Territoires d’innovation lancé par le gouvernement et la Banque des territoires. Un premier appui financier – 400 000 € – a alors été débloqué pour l’ingénierie de son projet de territoire zéro carbone. Fin 2019, le territoire faisait partie des lauréats. « L’État nous accompagne à hauteur de 25 millions d’euros, mais le montage financier du projet étant estimé à plus de 80 millions d’euros, d’autres partenaires sont présents : des institutions publiques (comme la région Nouvelle-Aquitaine et l’Ademe), qui apportent 25 millions d’euros et des entreprises privées, pour 30 millions d’euros », développe Gérard Blanchard, élu à la ville et vice-président de l’agglomération, chargé de piloter ce projet.

Qui sont les partenaires ?

L’agglomération, la Ville, l’Université, le Port et le réseau d’acteurs Atlantech font partie du consortium qui pilote le projet. Autour gravitent 130 partenaires : des associations, des entreprises, des collectivités ou encore des organismes de formation…

Quel est l’objectif ?

« Il est ambitieux : réduire notre empreinte carbone de 30 % d’ici à 2030 et atteindre la neutralité en 2040, c’est-à-dire dix ans avant ce que prévoit l’Accord de Paris », poursuit l’élu. L’empreinte carbone du territoire est aujourd’hui évaluée à 2 millions de tonnes éq. CO2 émises par an dans quatre domaines principaux : les intrants et les consommations, la mobilité, l’habitat et les activités (industrielles, agricoles, tertiaires).

Source : RC2C – Agglo La Rochelle

Comment atteindre cet objectif ?

« L’approche est systémique : les acteurs doivent travailler en transversalité. Au sein de la collectivité par exemple, trois personnes sont à temps plein sur le dossier, mais cela va avoir un impact sur tous les services », insiste Gérard Blanchard. Concrètement, différentes thématiques de travail sont mises en place, parmi lesquelles l’autoconsommation en énergie renouvelable, la mobilité douce, l’efficacité énergétique du bâti… Pour faciliter le pilotage, une plateforme territoriale de données va être déployée afin de stocker, analyser et mettre à disposition de tous les acteurs les données produites. « Un agrégateur carbone est aussi en cours de développement : le but est de suivre l’évolution des baisses d’émissions à l’échelle territoriale et de permettre la vente de crédits carbone. » Enfin, pour compenser les 450 000 t. éq CO2 qui continueront à être émises malgré le projet, les puits de carbone (notamment les 10 000 hectares de marais présents sur le territoire) vont être protégés et optimisés. 

Comment entreprises et citoyens participent-ils ?

Si plus d’une centaine d’entreprises sont déjà impliquées, le but est d’en convaincre beaucoup plus. Un appel à projets s’adressant aux structures privées porteuses d’un projet collectif et innovant a ainsi été lancé en 2020. Pour embarquer les citoyens, un conseil citoyen sera installé avec 30 membres, dont 15 seront issus du forum participatif des acteurs de la transition qui a eu lieu en 2018. « C’est long à mettre en place, car l’idée est de les faire participer à la gouvernance, pas juste de les consulter », précise l’élu rochelais.

 

Pour en savoir plus : La Rochelle élabore un modèle de territoire zéro carbone