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Le bois énergie, une opportunité pour les collectivités

La FNCCR et le Syndicat des énergies renouvelables ont organisé deux webinaires fin juin sur le bois énergie. L’occasion de rappeler que les élus ont la main pour valoriser localement les richesses de nos forêts, qu’elles soient privées ou publiques.

PAR AUDE FABRE - JUIN 2020
Si un maire réfléchit au bois énergie, il peut monter un projet de chaufferie-bois par exemple et offrir un débouché à la ressource locale. ©FNCofor

Le bois énergie, co-produit de l’exploitation forestière pour le bois d’œuvre, est la première énergie renouvelable de France. Pour Laure Ferrier, de la Fédération nationale des communes forestières (FNCofor), « les collectivités ont un rôle majeur à jouer pour impulser des dynamiques locales sur la gestion et la valorisation des forêts, même si elles ne sont pas propriétaires de celles présentes sur leur territoire. Les élus ont une mission d’aménagement du territoire et travaillent pour l’intérêt collectif, ils sont donc à même de créer des liens avec les propriétaires privés. »

La forêt offre de multiples richesses dont celle du débouché du bois énergie. Si un maire envisage un projet autour de cette énergie renouvelable, il a l’avantage de pouvoir agir sur deux axes. « En tant que maître d’ouvrage public, il peut décider d’être indépendant des énergies fossiles en montant une chaufferie-bois pour les bâtiments communaux tels que la mairie, les écoles, les hôpitaux… Mais il peut aussi choisir de s’approvisionner en local et ainsi offrir un débouché aux ressources locales, » relève Laure Ferrier. Il pourra aussi faciliter la création d’une filière en local (ou la renforcer) en créant une plateforme de stockage de bois ou en mettant à disposition du foncier ou des bâtiments pour les entreprises « sans forcément prendre la compétence de la gestion », souligne l’animatrice.

Des outils pour accompagner les élus

Pour monter un projet de chaufferie au bois et organiser la filière locale, il faut compter a minima deux à trois ans. Dans ce projet, les élus peuvent se faire accompagner par les animateurs bois énergie de diverses associations, dont ceux de la Fédération nationale. « Nous mettons à la disposition des élus plusieurs outils pratiques », précise Laure Ferrier. Parmi eux, il y a le plan d’approvisionnement territorial (PAT) qui permet d’établir le potentiel de développement d’une filière bois énergie en recensant les gisements disponibles d’une part, et les besoins du territoire d’autre part. « Nous analysons également les retombées économiques territoriales (indice ART) d’un projet de construction de bâtiment en bois ou d’une chaufferie-bois. Les conséquences sur l’emploi et l’économie du territoire sont chiffrées et permettent de consolider un projet », estime l’animatrice. Pour pouvoir s’approvisionner en bois local dans les marchés publics et favoriser les circuits de proximité, la FNCofor a aussi soutenu la création de marques collectives de certification telles que “Bois des Alpes” ou “Bois des territoires du massif Central”.

La forêt en chiffres

En 2020, la forêt en France métropolitaine s’étend sur 17 millions d’hectares, soit 31 % du territoire national.
75 % des forêts sont privées et 25 % appartiennent à l’État, à des communes ou à des intercommunalités.
Toutes les forêts domaniales et la grande majorité de celles qui appartiennent aux collectivités sont certifiées PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) ou FSC (Forest Stewardship Council). Ces labels environnementaux garantissent une gestion durable, et donc un renouvellement forestier.