Spécial Energaïa

Le Lot-et-Garonne mise sur le biométhane

Le syndicat d’énergie du Lot-et-Garonne, département fortement agricole, mise sur la méthanisation à la ferme pour alimenter son réseau de gaz et de distribution de GNV en cours de développement.

PAR CHRISTEL LECA - DéCEMBRE 2019
Groupe de travail Co’meth 47 avec des agriculteurs à Monflanquin en février 2019. © Sdee 47

À Astaffort (Lot-et-Garonne), les travaux d’installation du premier digesteur du programme Co’meth 47, mené par le Syndicat départemental d’électricité et d’énergies de Lot-et-Garonne (Sdee 47) pour développer la méthanisation à la ferme, vont démarrer dans quelques semaines. Cette petite unité de 65 m3/h sera raccordée au réseau de distribution de gaz de l’agglomération d’Agen. « Sept installations sont programmées, dont trois sont en fin d’études de faisabilité, les quatre autres finalisant le groupement d’agriculteurs », précise Nicolas Gente, développeur ENR au Sdee 47 et directeur d’Avergies. Cette société d’économie mixte, créée par le syndicat en avril dernier, est chargée de porter les projets d’énergies renouvelables sur le territoire, au travers notamment de Territoire solaire 47, Mobi-ogaz 47 et Co’meth 47.

Un fort potentiel encore peu exploité

« Cette stratégie est issue du schéma directeur gaz lancé en 2016 autour de trois axes : la méthanisation, la mobilité et la desserte des territoires ruraux », poursuit Nicolas Gente. « Le développement de la méthanisation agricole s’appuie sur une étude menée par Solagro qui évalue à cinquante le nombre d’installations agricoles susceptibles d’être créées dans le département. » Un fort potentiel encore peu exploité dans ce territoire agricole.

Les projets, dimensionnés de 80 à 250 m3/h, sont portés par les agriculteurs, regroupés autour d’un digesteur distant au maximum de 7 km de leur ferme, où ils apportent leurs déchets : produits de coupes, déjections animales, mais aussi déchets de transformation. Éleveurs bovins ou ovins et bien sûr de volailles, petits maraîchers bio ou grands céréaliers, les profils des porteurs sont variés, à l’image de l’agriculture du territoire. Avergies, doté de 5,3 millions d’euros de capital, investit à leurs côtés et les accompagne, depuis les études de faisabilité jusqu’au bouclage du tour de table, constitué de fonds propres, de subventions (Région, Ademe) et d’emprunts bancaires.

Quid de la consommation du biométhane ?

En complément, le programme Mobi’ogaz 47 développe le réseau de stations de distribution de biométhane après avoir recensé les transporteurs susceptibles de passer au gaz naturel véhicule (GNV). Les stations, dont les deux premières devraient voir le jour en 2020 à Villeneuve-sur-Lot et Damazan, sont alimentées par le réseau public, sur la base d’achats avec garantie d’origine. Enfin, troisième volet et non des moindres de la stratégie gaz renouvelable du Lot-et-Garonne, le développement de la desserte des territoires ruraux en gaz afin de consommer localement le biogaz produit sur le territoire.

Sur Energaïa : Intervention de Nicolas GENTE, Directeur de la SEM AVERGIES & Développeur ENR responsable méthanisation du SDEE47 (Syndicat départemental d’électricité et d’énergie du Lot-et-Garonne) lors de l’événement « LES GAZ RENOUVELABLES : COMMENT RÉUSSIR L’INDUSTRIALISATION ? » (Jeudi 12 decembre / 14.00 – 17.00 / Salle G).

Un potentiel à la hauteur du caractère agricole du pays

L’Observatoire du Club biogaz de l’Association technique énergie environnement estime à près de 800 le nombre d’installations en France (mi 2018) pour une production de 4 TWh/an. Selon l’Ademe le gisement mobilisable, en 2030, dans un pays agricole comme le nôtre, serait de 130 millions de tonnes de matière brute, à 90 % agricole, soit 56 TWh d’énergie primaire susceptible d’être produite.