Initiatives

L’Observatoire des entreprises publiques locales d’énergie

La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et la Fédération des élus des entreprises publiques locales (Fedepl) renforcent leur Observatoire des entreprises publiques locales engagées dans les énergies renouvelables. Objectif : mieux connaître leur poids économique, recenser leurs projets et donner aux collectivités des points de comparaison. Richard Chamaret, vice-président de la FNCCR, et Lionel Guy, chef du département adjoint pour l’énergie à la FNCCR, détaillent les ambitions de cet outil.

PAR YOUSRA GOUJA - OCTOBRE 2026
À Jausiers, dans les Alpes de Haute-Provence, un ancien champ de tir militaire reconverti en centrale solaire. ©Matthieu Parent

Votre Observatoire des entreprises publiques locales d’énergies renouvelables (EPL EnR) a été lancé en juin 2025, comment évolue-t-il aujourd’hui ?

Richard Chamaret : Les entreprises publiques locales, ou EPL, sont présentes partout sur le territoire, mais elles restent mal connues et leurs modèles de gouvernance diffèrent. Pourtant, elles représentent une capacité d’investissement importante dans les énergies renouvelables. L’enjeu est donc de mieux mesurer leur poids et de montrer la place que peuvent prendre les collectivités dans le développement des projets.

Lionel Guy : Nous avons commencé en 2025 par une première année de test. L’objectif était surtout de qualifier la base et d’identifier les structures. Les résultats n’ont pas été rendus publics car l’échantillon n’était pas encore assez représentatif. L’accès à la donnée est complexe : il est parfois difficile de savoir qui porte un projet ou de remonter jusqu’à la structure qui détient les participations. L’Observatoire doit combler ce manque de visibilité.

Que voulez-vous mesurer ?

L. G. : Nous allons désormais aller plus loin : quantifier les structures, recenser les projets en fonctionnement et ceux en développement, puis les caractériser plus précisément : type d’énergie renouvelable, puissance installée ou prévue, niveau d’investissement, stade d’avancement et modalités de participation des EPL. Nous voulons aussi disposer d’une analyse économique et distinguer les différentes typologies d’EPL : sociétés d’économie mixte (SEM), sociétés publiques locales (SPL) et sociétés d’économie mixte à opération unique (SEMOp). L’idée est aussi de permettre à une structure de savoir qu’un projet similaire au sien existe ailleurs en France.

R. C. : Il faut mesurer les investissements, les prises de participation, les capacités installées et la dynamique créée sur les territoires. L’Observatoire doit donner des points de repère. Dans nos équipes, nous avons besoin de nous comparer pour ne plus rester seuls dans notre coin, mais aussi pour présenter à nos actionnaires des chiffres concrets.

Quel poids ont les différents types d’entreprises publiques locales ?

R. C. : La FNCCR recense 158 EPL – 139 SEM, 13 SPL et 6 Semop – actives dans les énergies renouvelables, pour une capitalisation cumulée d’environ 965 millions d’euros et 3,46 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le partenariat avec la Fedepl doit permettre d’affiner cette photographie nationale. Leur intérêt tient notamment à leur ancrage local. Le développement des renouvelables ne peut pas reposer uniquement sur des acteurs extérieurs aux territoires. Il faut associer collectivités et partenaires privés. Cette implication locale est aussi déterminante pour l’acceptabilité des projets.

Quels sont les freins à leur développement ?

R. C. : Le principal problème est le manque de stabilité des politiques publiques et du cadre réglementaire applicable aux énergies renouvelables. Sur les cinq dernières années, les orientations et les dispositifs de soutien à la filière ont évolué à plusieurs reprises. Pour les SEM comme pour l’ensemble de la filière, ces changements rendent les investissements plus difficiles à planifier. Je souligne également que certaines décisions administratives prises localement peuvent retarder, voire bloquer des projets. Pour moi, les acteurs ont besoin d’une stratégie énergétique stable sur le temps long, suffisamment durable pour donner de la visibilité aux investissements sur plusieurs décennies.

Quand l’Observatoire sera-t-il rendu public ?

L. G. : Une nouvelle enquête doit être lancée d’ici fin octobre 2026, avec un questionnaire en ligne plus détaillé. Cette deuxième campagne cherchera notamment à quantifier les projets mis en service et ceux en préparation. La restitution destinée au grand public est prévue début 2027. Les données doivent ensuite être actualisées régulièrement afin de constituer une véritable cartographie des EPL EnR et de leurs projets.

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