Initiatives
Nouvelle-Aquitaine : un partenariat pour développer la géothermie
Le fonds d’investissement régional Terra énergies et Arverne, groupe français spécialiste du sous-sol, travaillent conjointement pour développer la géothermie en Nouvelle-Aquitaine.

D’un côté, le fonds d’investissement de la Nouvelle-Aquitaine, Terra énergies, dont la Région est actionnaire majoritaire. De l’autre, un groupe français spécialisé dans la valorisation du sous-sol, dont le siège social est installé à Pau. Ces deux acteurs ont signé fin 2025 une convention de partenariat pour développer des projets de géothermie sur le territoire.
« À travers sa feuille de route ambitieuse sur la transition énergétique, Néo Terra II, la Nouvelle-Aquitaine se fixe des objectifs majeurs pour accélérer la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. D’ici 2030, elle vise 45 % d’énergies renouvelables dans sa consommation finale. La géothermie, énergie locale, décarbonée, inépuisable, représente donc un atout stratégique », développe Mathieu Davril, directeur de Terra énergies. Le Sraddet a arrêté un objectif – très ambitieux et difficilement atteignable – de 3,5 TWh de production géothermique d’ici 2030. En 2024 (derniers chiffres disponibles), la production était de 5 GWh. Il faut donc mettre les bouchées doubles. Et c’est le sens du partenariat avec Arverne.
Opex réduits
« Nous mettons en commun nos expertises. Pour résumer, la technique en ce qui nous concerne, le réseau, les relations côté Terra énergies, explique Christophe Labes, directeur affaires nouvelles Grand Sud chez Arverne. Concrètement, nous allons travailler sur le potentiel de production et de consommation du territoire et réaliser des études de préfaisabilité. » Le fonds Terra énergies se positionne quant à lui comme un tiers de confiance pour faire le lien avec les collectivités. « Nous proposons notamment aux collectivités des rendez-vous pour présenter les projets, voir si elles ont la volonté de se lancer. Il y a tout un travail de pédagogie à mener, car nous remarquons encore beaucoup de méconnaissance sur la géothermie. Les dépenses d’investissement (Capex) sont importantes et peuvent donc freiner un porteur de projet, mais nous sommes là pour expliquer qu’a contrario, les Opex (dépenses d’exploitation) sont très réduits », poursuit Mathieu Davril.
Et d’ajouter : « L’idée est de montrer que de nombreux types de projets sont possibles, en géothermie profonde et de surface. 80 % des projets devraient concerner des réseaux de chaleur urbains et ruraux, et les 20 % restants des projets plus spécifiques, dans des sites industriels, des établissements de santé… » À ce jour, les deux acteurs sont en discussion avancée avec une dizaine de collectivités, réparties sur six départements de la Nouvelle-Aquitaine. Des échanges ont également été engagés pour étudier une accélération du déploiement de la géothermie dans les lycées.
Participation des collectivités
« Nous ne donnons pas d’exclusivité à Arverne, et d’autres acteurs peuvent entrer dans les projets. Terra énergies entend quant à lui être au capital des sociétés de projets avec une cible, ajustable, de détention de 20 % par projet. Arverne pourra aussi être au capital à hauteur maximum de 51 %, sachant que l’ambition est toujours de proposer aux collectivités et aux porteurs de projets en général d’intégrer les SAS EnR créées, afin de renforcer leur implication », ajoute Mathieu Davril.
Terra énergies participe par ailleurs à une commission Énergies et territoire lancée par le Syndicat des énergies renouvelables, qui vise à mettre en lien développeurs et fonds d’investissement régionaux, qui existent dans plusieurs autres régions, pour partager les bonnes pratiques.
En chiffres
À l’horizon 2029, ce partenariat veut créer au moins cinq véhicules d’investissement, pour un montant global à financer de 70 millions d’euros et une production de 100 GWh thermiques par an.


