Initiatives

Pays Haut Val d’Alzette : renouvelables tous azimuts

Sur le site de sa déchetterie, la communauté de communes Pays Haut Val d’Alzette (CCPHVA) de la région Grand-Est teste la cogénération, le petit éolien, la méthanisation, la méthanation et la production d’hydrogène vert, quitte à essuyer les plâtres.

PAR CAROLE RAP - JANVIER 2022
Hangar abritant l’unité de cogénération biomasse de Naoden. ©CCPHVA

À cheval sur deux départements, la Meurthe-et-Moselle et la Moselle, le Pays Haut Val d’Alzette cherche sa voie parmi les énergies renouvelables. Cette communauté de communes de 29 000 habitants a été labellisée Territoire à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV) en 2015. Sur le site de sa déchetterie, elle a commencé à installer plusieurs équipements qui, à terme, devraient fonctionner en corrélation pour produire des énergies vertes tout en générant des économies. Son premier projet d’envergure, Prélude, comprend l’acquisition en 2021 d’une petite éolienne à axe vertical Fairwind de 50 kW, d’un système de cogénération fonctionnant au bois de Naoden (70 kW électriques et 250 kW thermiques) et d’un électrolyseur McPhy de 50 kW. Coût de l’ensemble : environ 1 million d’euros financé à moitié par l’État dans le cadre de TEPCV et à moitié par la collectivité. Second projet ambitieux, Métha2 prévoit en 2022 une unité de méthanisation pour produire du biogaz à partir des déchets verts ; et une unité de méthanation pour fabriquer du méthane de synthèse à partir d’hydrogène vert combiné à du CO2 (voir encadré).

Déchetterie autonome

L’opération présente plusieurs intérêts. Du point de vue économique, « le système complet Prélude et Métha2 couvrira les besoins énergétiques de l’ensemble du site (déchetterie, électrolyseur, démarrage des différentes unités) », assure Florent Rondelli, chargé de mission à la communauté de communes Pays Haut Val d’Alzette (CCPHVA). Quand elle ne sera pas utilisée par l’électrolyseur et la méthanation, l’électricité produite par la cogénération sera injectée sur le réseau. L’électricité fournie par l’éolienne sera totalement revendue sur le réseau. La chaleur issue de la cogénération aura un double emploi : chauffer l’enceinte du méthaniseur (38°C) et sécher le combustible (bois) destiné à l’unité de cogénération, dans le but d’optimiser son fonctionnement. De plus, les déchets de bois utilisés comme combustible n’auront pas besoin d’être traités par la déchetterie. « Le bois récupéré en déchetterie coûte 47 € la tonne de broyage au lieu de 65 € la tonne à traiter », précise Florent Rondelli. Le biogaz obtenu sera utilisé comme carburant. La CCPHVA s’est déjà équipée d’un camion de collecte d’ordures ménagères roulant au bioGNV et étudie l’acquisition d’autres véhicules. Du point de vue environnemental, il faut rappeler « toutes les économies de CO2 générées par l’usage d’énergies renouvelables, ainsi que le recyclage du CO2 produit par la méthanisation », souligne Antoine Villemain, ingénieur énergie récemment recruté pour suivre ces projets. Reste aux différents systèmes à fonctionner de manière optimale. Pour l’instant, l’éolienne rencontre des problèmes techniques et attend d’être remplacée. Le module de cogénération n’a pu être mis en service qu’en fin d’année 2021 au lieu du printemps, car le bois broyé était d’un calibre trop élevé. Le temps de trouver un autre prestataire pour le broyage, le bois resté dans la benne pendant l’été a pris l’humidité, ce qui a encrassé les vannes du système. Mais il en faut plus pour stopper la CCPHVA dans son élan. « D’ici 2023 nous allons installer des panneaux photovoltaïques au sol sur les délaissés autour de l’éolienne, pour de l’autoconsommation », annonce Florent Rondelli.

Le couplage méthanation-méthanisation

Le projet Métha2 représente 3 à 4 millions d’euros d’investissements, portés par la communauté de communes en consortium avec des entreprises (Khimod pour la méthanation et Prodeval pour la méthanisation). « Les permis de construire pour Métha2 ont été acceptés. Les travaux devraient commencer au printemps 2022. La collectivité fournit le terrain, l’électrolyseur et le réseau de chaleur pour la méthanisation. Les entreprises apportent le matériel, l’exploitent pendant sept ans, puis la CCPHVA en deviendra propriétaire. L’objectif est de montrer que le couplage méthanation / méthanisation fonctionne bien », explique Florent Rondelli. L’hydrogène sera considéré comme vert car produit par électrolyse au moyen de l’électricité fournie par la cogénération. De même, le méthane de synthèse pourra être qualifié de biogaz car il sera issu de l’association de l’hydrogène vert et du CO2 capturé à partir de la méthanisation.

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