Stratégie

Photovoltaïque : Grenoble-Alpes Métropole a testé un nouvel outil pour augmenter la production

L’an passé, la collectivité a lancé un appel à intérêt privé à destination des tiers-investisseurs. L’objectif ? Mettre en relation des développeurs et des entreprises ayant à disposition des toitures libres où pourraient être installés des panneaux photovoltaïques.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - AVRIL 2020
Une toiture photovoltaïque déjà existante à Grenoble, sur la salle de concert La Belle Électrique, réalisée par Energ’y Citoyennes. 600 m² de panneaux solaires couvrent la consommation annuelle hors chauffe de l’équivalent de 50 foyers. ©Thierry Chenu
Ville de Grenoble 2020

Le schéma directeur énergie de Grenoble-Alpes Métropole, adopté en 2017, prévoit de multiplier par six la production d’électricité photovoltaïque d’ici à 2030. Les données de 2015 faisaient état de 8­ GWh de production annuelle. Pour cela, divers outils ont été mis en place. Parmi les plus récents, l’appel à initiatives privées (AIP) à destination des tiers-investisseurs lancé en 2019.

L’appel est lancé

L’idée est simple : la collectivité se pose en facilitatrice pour “marier” des entreprises propriétaires de toitures avec des développeurs, sur le modèle notamment de l’Appel des 30 à Lyon. « Nous avons tout d’abord recensé les grandes entreprises avec un important potentiel de toitures disponibles (plus de 1 000 m²), ainsi que quelques PME, avec l’aide de notre service développement économique. Deux cents ont été identifiées, avec une étude de potentiel site par site », explique Claire Mazoyer, chargée de mission développement des énergies renouvelables à la Métropole.

Un mail est alors envoyé à toutes ces entreprises avec l’explication de l’AIP. L’initiative est aussi relayée par les chambres consulaires et les promoteurs locaux industriels. Une trentaine de sociétés répondent. « Parmi elles, certaines avaient déjà un projet en tête et en ont profité pour nous poser des questions techniques, sur les subventions… Beaucoup avaient besoin d’être rassurées et ne savaient pas vers qui se tourner. Au final, cinq entreprises ont participé à l’AIP, dont deux très grosses : l’une avec une cinquantaine de bâtiments, l’autre avec une vingtaine », poursuit Claire Mazoyer.

Les développeurs répondent

L’appel est donc lancé, à la manière d’un marché public, auprès des développeurs qui ont en leur possession diverses informations (surfaces disponibles, structures et type d’étanchéité des toits, seuils de puissance…). « Il faut prévoir un temps de réponse d’au moins trois mois, en organisant des visites le plus tôt possible. Pour notre part, le délai prévu d’un mois et demi était trop court. » Les développeurs ont rendu leurs offres pour trois entreprises (dans les deux restantes, l’une a fermé et l’autre a changé de projet). « Nous avons transmis aux entreprises nos analyses sur les offres, mais celles-ci étaient de toute façon très explicites. »

À l’arrivée (avant la crise du coronavirus), l’une des sociétés était prête à signer avec un développeur. « Si les trois entreprises signent, 3 MW seront installés. » Un autre AIP était prévu cette année, mais sera peut-être décalé en raison du confinement. « Cet AIP a aussi permis de saisir le besoin d’accompagnement des PME sur ce sujet. Nous avons donc mis en place un service pour les conseiller, avec une analyse de potentiel, une idée du coût, du retour sur investissement… ainsi qu’un catalogue de bureaux d’études et installateurs ayant signé une charte de qualité et qui pourront les suivre dans un deuxième temps », conclut Claire Mazoyer.

Trois conseils de la métropole pour les autres collectivités

  • Prévoir l’équivalent en temps de travail d’un demi-temps plein sur six mois.
  • Ne pas laisser passer trop de temps sur le périmètre des projets (injection, autoconsommation…).
  • Ne pas se mettre à la place des développeurs.