Décryptage

Précarité énergétique : organiser les services locaux d’intervention

Depuis 2013, un service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie (Slime), programme porté par le Cler – Réseau pour la transition énergétique, a été mis en œuvre dans 40 territoires. Ce sont 60 000 ménages en situation de précarité énergétique qui ont pu être identifiés et orientés vers des solutions adaptées. À la lumière de l’expérience, le programme Slime+ (2022/2025) va tenter de massifier l’organisation de la prise en charge de la précarité énergétique dans les territoires.

PAR CHRISTEL LECA - FéVRIER 2022
Slime+ est particulièrement opérant dans les situations où les dispositifs de droit commun sont difficiles à mobiliser : pour les locataires et les propriétaires occupants les plus pauvres. ©Cler

Initié il y a près de vingt ans, le programme Slime a permis de mettre au point une méthodologie d’intervention pour les collectivités locales et des outils aujourd’hui en grande partie financés par les certificats d’économies d’énergie (CEE). « Il consiste à organiser la détection des ménages en sensibilisant et mobilisant des donneurs d’alerte (notamment les travailleurs sociaux) », explique Marie Moisan, coordinatrice du programme au sein du Cler, auprès de qui les collectivités locales se portent candidates pour organiser un Slime sur leur territoire. Des conseillers recrutés et formés en leur sein ou des partenaires (en général associatifs) effectuent ensuite des visites à domicile afin d’établir un état des lieux du logement, des équipements et des usages des habitants et d’analyser les solutions et aides possibles. Un kit “Économies eau/énergie” leur est systématiquement proposé (boudins de portes, rideaux, réflecteurs derrière les radiateurs, joints, mousseurs, extincteurs de veille, etc.), ainsi qu’une orientation pour des démarches et travaux.

Passer de l’orientation à l’accompagnement

« Nous nous sommes rendu compte qu’il fallait plus systématiquement aller au-delà de cette orientation, qui laissait parfois les ménages à eux-mêmes, perdus dans la jungle des acteurs et des aides, la complexité des travaux et l’importance du reste à charge s’ils devaient être entrepris, d’autant que nous avons affaire à une part importante de locataires : il faut bien souvent opérer une médiation avec le bailleur. » Pour la responsable des projets précarité énergétique du Cler, Slime+ est particulièrement opérant dans les situations où les dispositifs de droit commun sont difficiles à mobiliser : pour les locataires et les propriétaires occupants les plus pauvres. « Les financements sont partiels, les travaux difficiles à engager et les banques ne prêtent pas à ce type de public : un accompagnement plus personnalisé est nécessaire. »

Passer de l’orientation à l’accompagnement

Quarante collectivités locales ont mis en œuvre un Slime depuis la naissance du programme, en majorité des conseils départementaux et des métropoles, mais aussi des intercommunalités rurales et des syndicats d’énergie en Bretagne, Île-de-France, Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes… Des territoires qui représentaient 17 % de la population jusqu’à présent. Avec Slime+, il s’agit d’élargir le champ d’action, avec 100 collectivités locales impliquées, 100 000 ménages accompagnés et 35 % de la population française touchée. Via les CEE, ce sont 70 % des dépenses des collectivités liées au Slime qui seront financées en 2022 et 2023. « Nous pensons le programme comme un indispensable moyen d’organiser la chaîne des acteurs des territoires sur une problématique de plus en plus prégnante avec l’augmentation du prix de l’énergie et l’explosion de la pauvreté, notamment, mais pas seulement, avec la crise sanitaire », précise Marie Moisan.

Pour aller plus loin :

Les collectivités locales souhaitant mettre en place un Slime+ peuvent déposer leur dossier de candidature en février, mai et septembre de chaque année : https://www.lesslime.fr

5,5 millions de foyers mal ou non chauffés

On évalue à 3,5 millions le nombre de ménages en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire qui consacrent plus de 8 % de leurs dépenses aux factures d’énergie. Ce chiffre fait oublier ceux qui dépensent moins parce qu’ils ne se chauffent pas ou peu, que le Cler évalue à plus de 2 millions.

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