Entretien

Programme Rebonds : pour repenser le développement économique local

Cette recherche-action a mobilisé une dizaine de collectivités et exploré de nouvelles approches du développement économique local pour relire ses objectifs sous le prisme de la transition écologique. Entretien avec Gabriel Renault, doctorant en aménagement et en urbanisme au sein du laboratoire Pacte, qui a mené ce programme avec Magali Taillandier.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - MARS 2026
Gabriel Renault, doctorant en aménagement et en urbanisme au sein du laboratoire Pacte. ©DR

Qu’est-ce que le programme Rebonds ?

Gabriel Renault : C’est un programme de recherche-action mené à l’initiative de la 27e Région [association qui réfléchit aux services, administrations et modes d’action publics de demain, ndlr] associée à des chercheurs du laboratoire Pacte de Grenoble et au réseau France Urbaine, soutenu par l’Ademe. Il vise à explorer les nouvelles approches de développement économique local en mêlant le regard de la recherche et celui des acteurs de terrain. Pour rappel, le développement économique local correspond à l’ensemble des actions qu’une collectivité mène pour booster son activité économique, créer des emplois, attirer des entreprises, renforcer l’attractivité…  

Qui concerne-t-il ?

G. R. : Une petite dizaine de collectivités, essentiellement des métropoles, mais aussi des communautés de communes et un PETR (pôle d’équilibre territorial et rural), via leurs chefs de projet ou leurs directeurs des services développement économique, ont participé au programme entre mi-2023 et fin 2025. L’idée était de se poser la question de ce qu’est le développement économique local quand il doit prendre en compte les impératifs de transition écologique, de lutte contre le dérèglement climatique et de justice sociale. Le fait de travailler sur des cas concrets, avec l’expérience d’acteurs de terrain, est intéressant. Les collectivités se sont ainsi engagées dans un travail prenant, avec des réunions et des ateliers fréquents, au début une fois par mois, puis une fois tous les deux mois, pour exposer leurs problématiques et tenter de trouver des solutions.

Sur le thème de la transition énergétique, quelles ont été les problématiques soulevées ?

G. R. : La transition énergétique n’a pas été étudiée comme un cas en particulier, mais elle revenait dans la plupart des sujets. Dans celui du foncier par exemple. Face à des ressources foncières de plus en plus limitées, on se rend compte parfois, dans certaines collectivités, qu’il n’y a pas forcément d’échanges entre les services et que chacun ne voit que ses propres problématiques. La métropole européenne de Lille a ainsi retravaillé l’arbitrage récent sur le foncier en se posant de nouvelles questions, afin de mieux articuler les différentes priorités, économiques, énergétiques, écologiques. Le constat est qu’il est capital de décloisonner le développement économique, qui ne doit pas être travaillé ou pensé uniquement par un service, mais par tous : l’urbanisme, l’énergie, l’eau… Il faut sortir de la logique de silo.

Quels rôles les services développement économique des collectivités jouent-ils pour les entreprises ?

G. R. : Les échanges entre collectivités ont montré que celles-ci ont un rôle important pour interpeller les entreprises sur les questions de transition, dans un contexte où ces dernières sont parfois moins demandeuses. Il semble y avoir un besoin de formation, d’intermédiation pour les entreprises, et les collectivités peuvent donner une impulsion, aller vers elles pour connaître leurs besoins à long terme… Cela est bien sûr plus aisé pour une collectivité de type métropole, qui a davantage d’ingénierie qu’un EPCI (établissement public de coopération intercommunale) rural.

L’idée de Rebonds est-elle de partager les nouveaux modèles ?

G. R. : Oui, même si on se rend compte qu’il n’est pas possible de calquer un modèle, que celui-ci devra être réadapté selon le territoire. On voit que les collectivités appréhendent par exemple différemment la « théorie du donut », théorie du développement économique estimant que celui-ci doit s’articuler entre les besoins humains fondamentaux et les limites planétaires, le plafond écologique, à ne pas dépasser. À Valence Romans agglomération, le donut est utilisé pour évaluer en interne les projets à l’aune de dimensions sociales et écologiques, et à Grenoble, il sert d’outil d’orientation grand angle. La ville a réalisé une sorte de « portrait donut », un diagnostic de son territoire pour questionner et évaluer les politiques publiques existantes. Son référentiel offre un cadre de concertation citoyenne permettant aux habitants de comprendre les enjeux environnementaux et sociaux actuels.

Plus d’informations sur Rebonds, dont les résultats seront publiés en open source.

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