Le tour de la question

Projets citoyens en métropole : mode d’emploi

Les métropoles peuvent jouer un rôle important dans le montage d’un projet citoyen. Pour cela, elles doivent respecter une méthodologie et se doter des moyens d’agir. Explications avec Tristan Riom, vice-président de la métropole de Nantes, en charge du climat et de la transition énergétique.

PAR ARNAUD WYART - JUILLET 2022
Centrales villageoises de la région de Condrieu. Huit bâtiments représentent une surface de 523 m2 de toiture, pour une puissance de 76 kW. ©RAEE

Il existe deux situations dans lesquelles les métropoles sont amenées à intervenir sur le montage de projets citoyens. La première concerne des collectifs locaux déjà structurés, mais qui rencontrent des difficultés à trouver du foncier, par exemple pour développer une centrale photovoltaïque sur toiture. Dans ce cas, les collectifs commencent par se rapprocher de la métropole. Un travail commun se met ensuite en place pour trouver un site et éventuellement permettre aux citoyens d’investir dans un projet. À ce niveau, la décision politique joue un rôle majeur, dans la mesure où les toitures permettant de lancer des projets rentables sont souvent réservées aux projets de la collectivité. « Même si une métropole peut investir elle-même dans ses centrales solaires, les élus doivent affirmer l’intérêt d’un projet porté par un collectif de citoyens. Ce projet va permettre de développer une communauté et de créer du lien social, avec des gens qui parlent d’énergies renouvelables, qui font de la sensibilisation, etc. Au-delà des kWh produits, ces citoyens vont indirectement remplir le rôle de la métropole en matière d’éducation aux enjeux de la transition », indique Tristan Riom. Les métropoles ont d’ailleurs la possibilité de participer au financement des projets citoyens et ainsi d’être copropriétaires des installations. La seconde situation, elle, concerne des projets dont la métropole souhaite justement confier la gouvernance à des citoyens. L’approche est alors différente, mais une décision politique est toujours nécessaire. À titre d’exemple, un élu de la métropole de Nantes avait localisé un toit sur le Min (marché d’intérêt national) de Nantes dans le but d’installer des panneaux solaires et il recherchait un collectif pour porter le projet. La métropole a donc pris l’initiative de lancer un appel à projet, remporté par un groupement Armor/Enercoop. Enercoop a ensuite mobilisé une communauté d’habitants autour de l’initiative, ce qui a d’ailleurs permis au territoire de développer un réseau citoyen.

Soutenir le développement du projet

Une fois le projet lancé, la métropole peut aider le collectif pour son ingénierie. Si elle ne participe pas au financement, son intervention est limitée, mais elle a la possibilité de guider les citoyens, par exemple en leur fournissant une liste de prestataires à contacter. La métropole de Nantes, elle, met à disposition son cadastre solaire, ce qui permet aux collectifs de localiser des sites et de calculer des estimations de production. Elle les aide également à lever certains blocages. « Par exemple, des citoyens avaient besoin d’une personne morale organisatrice (PMO) dans le cadre d’un projet d’autoconsommation collective. Sur le territoire, le syndicat départemental d’énergie Loire-Atlantique peut s’en charger, mais la métropole n’est pas adhérente à cette structure. Une bonne relation entre les structures et un échange entre les élus peut permettre de débloquer ce genre de situation et le syndicat est devenu la PMO. Pour le reste, les citoyens sont censés être seuls maîtres à bord », explique Tristan Riom. Si la métropole investit dans le projet, son rôle est plus déterminant, notamment pour crédibiliser la démarche citoyenne et aider le collectif à lever les fonds nécessaires. Elle participe aux décisions et suit l’évolution des travaux, la production d’énergie, etc. De leur côté, les échanges avec les citoyens se poursuivent après la mise en service, même lorsque la métropole n’a pas investi, d’autant que ceux-ci ont souvent le désir de renouveler l’initiative. « Un lien évident demeure avec les citoyens. Nous nous réunissons tous au sein du Récit, le réseau des énergies citoyennes en Pays de la Loire, pour discuter et prendre des décisions. Je siège au conseil d’administration en tant qu’élu de la métropole », précise Tristan Riom.

Se doter d’un réseau citoyen d’énergie

Selon Tristan Riom, la structuration d’un réseau local d’énergie citoyenne est d’ailleurs essentielle pour lancer ou soutenir des projets citoyens. « Un projet citoyen est un sujet complexe, avec un rythme particulier. Cela implique le financement d’un poste, au sein de la collectivité, qui pourra gérer plusieurs dizaines de dossiers, mais aussi l’existence d’un réseau local d’énergie citoyenne. C’est grâce à ce type de réseau que nous pouvons désormais lancer nos projets », indique-t-il. Les métropoles peuvent en effet s’appuyer sur ces réseaux pour constituer des collectifs de citoyens. Ces réseaux sont en outre mobilisables rapidement et dotés de compétences indispensables (juridiques, comptables…) pour accompagner les citoyens dans la création de sociétés de projet, la recherche de partenaires, etc. De son côté, la métropole de Nantes finance l’association Récit (via le recrutement d’un poste d’animateur), elle-même adhérente au réseau Énergie partagée. Les premiers projets portés sur le territoire ont notamment permis au Récit de produire des ressources pour le site Cowatt.fr : un « guide de survie » pour les citoyens, des informations sur les autorisations, des tableurs Excel pour les estimations de production, etc. Toutefois, il est possible pour les collectivités de se tourner vers d’autres structures telles que les antennes locales d’Énergie partagée, en particulier pour les premiers montages de projets citoyens.

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