Décryptage
Réfléchir au niveau européen pour lutter contre la précarité énergétique
Le fournisseur d’énergie Enercoop, via Énergie Solidaire, fait partie d’un consortium européen qui travaille à inventorier, évaluer et développer les actions des communautés énergétiques contre la précarité énergétique. Explications.
France, Portugal, Écosse, Belgique, Croatie… En 2020, différentes communautés énergétiques et citoyennes de ces pays ont remporté un appel à projets du programme européen “Horizon 2020”. L’objectif du projet CEES (Community Energy for Energy Solidarity, ou Communautés énergétiques contre la précarité énergétique) ? Inventorier, évaluer et développer les actions des communautés contre la précarité énergétique. Enercoop, sur son site, explique que ces communautés sont des entités juridiques dont l’ambition majeure est de « proposer des avantages environnementaux, économiques ou sociaux à [leurs] membres ou actionnaires ou aux territoires locaux où elles exercent leurs activités, plutôt que de générer des profits financiers. »
Microdons pour Énergie Solidaire
Au niveau de la France, Enercoop fait partie de ce consortium, à travers Énergie Solidaire, un fonds de dotation créé par les Amis d’Enercoop. « Nous collectons des dons de manière innovante pour les redistribuer aux associations qui agissent sur le terrain auprès des ménages en précarité énergétique », explique Kevin Chaplais, délégué général d’Énergie Solidaire.
Parmi les associations soutenues : Alisée, en Loire-Atlantique, qui accompagne les propriétaires de logements insalubres vers la rénovation performante, ou encore l’Alliance citoyenne de Grenoble, qui mobilise collectivement les locataires du parc privé et organise des médiations avec les bailleurs pour aboutir à des rénovations. Les dons sont collectés notamment via des microdons proposés aux clients d’Enercoop ou encore en caisse dans certains magasins vendant entre autres du chauffage. « Nous travaillons aussi sur le don d’énergie en autoconsommation collective. L’idée est que les producteurs fassent don de leur énergie en surplus, au lieu de la revendre. Ce n’est pas encore très développé, car assez lourd administrativement à mettre en place. »
Au Portugal, des prêts entre sociétaires
Au Portugal, la coopérative Coopérnico installe des panneaux solaires en autoconsommation pour des associations coopératives. Elle a mis en place une solution pour que les sociétaires puissent se prêter de l’argent entre eux afin d’investir plus facilement. « Nous sommes donc par exemple en train de regarder si ce modèle-ci pourrait être pertinent en France », poursuit Kevin Chaplais.
Parmi les autres communautés énergétiques du projet, la coopérative 7 Vents, dans le Cotentin. « Elle accompagne les propriétaires occupants en situation de précarité énergétique en mettant en place de l’autoréhabilitation accompagnée. Des artisans chapeautent les chantiers qui font appel à des bénévoles locaux, ce qui permet aussi de tisser du lien social. C’est un exemple très intéressant que nous étudions également. »
Le projet CEES, financé sur trois ans – et qui court donc jusqu’à début 2024 – va à terme créer une boîte à outils, en se basant précisément sur les façons dont chacun a mis en œuvre dans son pays des actions, afin que d’autres communautés énergétiques puissent les répliquer si besoin.