Le tour de la question
Réhabiliter des logements en y associant la géothermie
À Issy-les-Moulineaux, une solution de géothermie a été mise en place dans le cadre d’un projet de réhabilitation énergétique de logements sociaux. Elle permet d’alimenter trois bâtiments en eau chaude sanitaire et en chauffage, mais également d’assurer leur rafraîchissement.

La ville d’Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine, mise sur la géothermie de surface pour chauffer et rafraîchir des logements.
Un modèle duplicable
Un premier projet, porté par le promoteur immobilier Altarea et Engie, a vu le jour en 2022 après plusieurs années de travaux. Il repose sur quatre forages sur nappe, à environ 35 m de profondeur et sur quatre thermofrigopompes (pompes à chaleur capables de produire simultanément du chaud et du froid) installées pour chauffer, rafraîchir et produire l’eau chaude sanitaire de l’écoquartier Issy Cœur de ville (607 logements, 40 000 m² de bureaux, etc.).
Dans la foulée, un autre projet de géothermie s’est monté, cette fois dans le cadre d’une réhabilitation de 315 logements sociaux. Porté pour sa part par le bailleur Seine Ouest habitat et patrimoine et Engie, il concerne trois bâtiments construits en 1968. « Nous avons mené une réflexion autour d’un nouveau système de production d’énergie. Or les logements en question se situent à côté de l’écoquartier. Pour la ville et le bailleur, il était naturel de dupliquer un modèle qui avait bien fonctionné pour Issy Cœur de ville », explique Alexandre Lafourcade, directeur habitat et collectivités Île-de-France pour les infrastructures énergétiques locales d’Engie.
Récupération de chaleur
Comme pour Issy Cœur de ville, la géothermie sur nappe chauffe et rafraîchit directement les trois bâtiments. Elle assure également la production d’eau chaude sanitaire grâce à une eau dont la température est constamment comprise entre 12 et 15 °C. « Il est encore peu courant dans le secteur du logement, et encore moins dans l’habitat social, d’ajouter du rafraîchissement lors d’une réhabilitation », assure Alexandre Lafourcade.
Pour couvrir les besoins, il a fallut réaliser deux nouveaux forages spécifiques et installer deux thermofrigopompes. Celles-ci affichent une production annuelle de 1 362 MWh. Particularité : un système de récupération de chaleur se déploie au niveau d’un local technique abritant des serveurs informatiques. La captation des calories émises par ces serveurs contribue en effet au réchauffement de la boucle d’eau chaude sanitaire. Par ailleurs, Engie a fait en sorte qu’il existe une interconnexion avec le réseau de chaleur/froid urbain d’Issy Cœur de ville. Les deux installations géothermiques peuvent ainsi fonctionner en complément ou de façon totalement autonome, en fonction des besoins et/ou de la production.
5 °C de rafraîchissement
Après plusieurs mois de travaux, l’installation a été mise en service début 2026. Le budget total, porté par le bailleur et Engie, est d’environ 4 millions d’euros, aidé à hauteur de 680 000 € par l’Ademe Île-de-France. « Nous avons conçu et déployé la solution. Désormais, nous exploitons l’installation pour une durée de 24 ans, dans le cadre d’un bail concessif. » Il est encore trop tôt pour donner des résultats chiffrés, mais selon Engie, la période de chauffe s’est bien passée.
La partie rafraîchissement, elle, va démarrer prochainement. « Nous l’attendons avec impatience. Elle va permettre de diminuer la température de 5 °C, moins qu’une climatisation, mais pour des logements qui atteignaient parfois 30°C pendant les canicules, la différence est assez forte en termes de confort. »


