Le tour de la question

Réseau de distribution : concession pour la transition

Avec la signature d’un nouveau contrat de concession du réseau de distribution avec Enedis, le syndicat départemental d’énergie de l’Yonne entend accélérer la transition énergétique du département et renforcer son rôle auprès des collectivités.

PAR ARNUAD WYART - DéCEMBRE 2020
Bornes de recharge ultra-rapides pour véhicules électriques. ©SDEY

Le 26 octobre dernier, le syndicat départemental d’énergie de l’Yonne (SDEY), propriétaire de plus de 4 300 km de réseau électrique, a signé avec Enedis un nouveau contrat de concession prenant en compte les enjeux de la transition énergétique dans le département. Une première en région Bourgogne. En 2017, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), Enedis, EDF et France Urbaine avaient en effet rédigé un nouveau modèle national de cahier des charges de concession. Celui-ci prend en compte les besoins en matière de transition énergétique, une hausse des redevances versées aux syndicats d’énergie ainsi que des investissements pour améliorer la qualité de service, mais il n’intègre pas les spécificités locales et le partage des données de consommation. Il y a deux ans, le SDEY a donc décidé d’engager une discussion avec ses partenaires afin de renégocier les termes du contrat.

Accélérer la transition énergétique

La nouvelle mouture du contrat prévoit ainsi une revalorisation des redevances à hauteur de 54 millions d’euros sur 30 ans, contre 40 millions dans le cadre du précédent contrat de concession. Enedis va également investir 9,5 millions d’euros dans un premier programme pluriannuel (2021-2024). En matière de transition énergétique, cela permettra de soutenir le déploiement de réseaux intelligents dédiés au photovoltaïque, l’installation de nouvelles bornes de recharge pour véhicules électriques, ou encore la mise en œuvre de solutions pour l’autoconsommation. « Des communes nous ont par ailleurs transféré leurs compétences car elles souhaitent se doter d’un éclairage public intelligent. Nous en avons déjà équipé près de 150 avec ce dispositif. Cela permet de réduire la consommation, mais aussi d’accompagner des piétons, d’installer des caméras de surveillance, etc. », explique Jean-Noël Loury, président du SDEY. En outre, Enedis s’est engagé à investir 3,3 millions d’euros supplémentaires, une somme qui sera dédiée aux travaux d’esthétisme et de sécurisation des réseaux. « 40.% vont être investis dans la résorption des fils nus et 30.% dans la résorption des cabines hautes [les anciens postes-tours mesurant jusqu’à 10 m de haut, ndlr] qui défigurent souvent les places de village. Les 30 % restant seront destinés à l’innovation et à la modernisation des réseaux », détaille-t-il.

Question stratégique : les données

Autre nouveauté : le SDEY assurera désormais lui-même la maîtrise d’ouvrage pour les raccordements de producteurs jusqu’à 6 kW, dès lors que ceux-ci intègrent une demande de consommation. Mais pour renforcer davantage son rôle de gestionnaire de réseau, le syndicat de l’énergie avait surtout besoin de récupérer et de traiter les données de consommation liées à son périmètre d’activité. Le nouveau contrat de concession prévoit donc un partage simplifié des données par Enedis : « Les historiques de consommation, tels que les courbes de charge, les index quotidiens ou encore les informations périodiques, vont nous permettre de mieux connaître les usages locaux et ainsi de proposer des solutions innovantes et adaptées aux situations. » Les projets d’autoconsommation collective réalisés par Enedis sont d’ailleurs eux aussi concernés par le partage de données. « Enedis s’engage par exemple à nous informer si des porteurs de projet déposent des demandes de raccordement, auquel cas nous pourrions les agréger à nos réseaux. En outre, nous allons être accompagnés dans la mise en place de simulations de raccordement, ce qui nous offrira la possibilité de sélectionner les meilleurs emplacements pour les producteurs », promet Jean-Noël Loury.