Initiatives

Réseau de gaz 100 % vert en Côte-d’Or pour 2050

Le SICECO territoire d’énergie Côte-d’Or, mobilise les acteurs publics et privés dans le but d’injecter 100 % de gaz vert dans le réseau local de gaz d’ici 2050.

PAR CAROLE RAP - OCTOBRE 2019
Jacques Jacquenet, président du SICECO territoire d’énergie Côte-d’Or. ©SICECO

La Côte-d’Or se donne trente ans pour injecter sur le réseau de gaz de quoi couvrir 100 % de sa consommation par du gaz d’origine renouvelable, contre quasi zéro à ce jour. Le syndicat intercommunal d’électricité de Côte d’Or (SICECO), a signé le 21 juin 2019, une convention de partenariat avec l’Association des maires ruraux de Côte-d’Or (AMRF 21) et le gestionnaire du réseau de distribution de gaz GRDF.

Première piste, encourager la méthanisation avec injection sur le réseau. « Pour l’instant, la Côte-d’Or compte deux ou trois méthaniseurs industriels en cogénération et une petite dizaine de méthanisations agricoles. L’objectif de ce partenariat est de favoriser les conditions permettant d’injecter dans le réseau de gaz naturel, qui appartient aux collectivités et est exploité par GRDF », explique Jacques Jacquenet, président du SICECO. L’un des leviers est de développer le réseau de gaz afin de « le rapprocher le plus près possible des méthaniseurs », indique Jean-Michel Jeannin, directeur général du SICECO. Autre levier, « avec la SEM Côte-d’Or énergies, que nous avons créée en 2015, nous pouvons investir aux côtés des agriculteurs dans les projets de méthanisation. Pour eux, cela génère des revenus complémentaires et la possibilité d’utiliser le digestat dans les champs au lieu d’intrants chimiques », rappelle le directeur général. Pour l’heure, les projets de méthanisation avec injection de gaz vert recensés en Côte-d’Or permettraient de couvrir 26 % de la consommation annuelle de gaz naturel sur le département.

La mobilité GNV également encouragée 

Deuxième piste, diminuer cette consommation. En 2017, elle était de 3 200 GWh en Côte-d’Or, répartis entre le résidentiel (66 %) et les activités économiques (34 %). L’objectif est de la réduire à 2 300 GWh en 2050, en jouant sur les économies d’énergie, en particulier le chauffage. La répartition serait alors de 48 % pour le résidentiel, 27 % pour les activités et 25 % pour les transports. En effet, le SICECO veut aussi développer la mobilité GNV (gaz naturel pour véhicules), convaincu que le véhicule électrique revient trop cher pour une partie des habitants des communes rurales.

Troisième piste, favoriser plusieurs technologies. Pour 2050, le SICECO a fixé comme objectifs de production 855 GWh de méthanisation, soit une soixantaine de méthaniseurs, mais aussi 342 GWh de pyrogazéification et 1 154 GWh de Power-to-Gas (voir encadré).

Pour y parvenir, le SICECO mobilise les acteurs publics et privés. « L’AMRF 21 peut convaincre les élus, rassurer les habitants sur le fait que la méthanisation ou le GNV ne sont pas dangereux, chercher des parcelles pour implanter des méthaniseurs et des stations GNV. GRDF informe les agriculteurs et donne les éléments techniques et financiers sur les possibilités de se raccorder au réseau de gaz, sachant que l’État lui impose de prendre en charge une partie des coûts de raccordement », souligne le président Jacques Jacquenet. D’autres acteurs du territoire ont fait savoir qu’ils soutenaient la démarche.

Processus de fabrication du gaz vert

Le gaz vert est un gaz naturel d’origine renouvelable. Il peut être produit par : 

  • Méthanisation, à partir de la fermentation de sous-produits agricoles, de déchets verts ou ménagers ainsi que des boues de stations d’épuration.
  • Power-to-Gas, procédé chimique de production de dihydrogène par électrolyse de l’eau à partir d’énergies renouvelables électriques. Cet hydrogène vert peut être injecté dans le réseau ou recombiné à du dioxyde de carbone pour donner du gaz de synthèse (méthanation).
  • Pyrogazéification, procédé thermochimique de production de gaz de synthèse à partir d’intrants renouvelables, biomasse par exemple.