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Salon des maires : les élus réclament des moyens pour la transition territoriale
Lors du Congrès des maires, qui se déroulait en marge du Salon des maires, du 18 au 20 novembre à Paris, la question de la transition énergétique a longuement été discutée au cours d’une table ronde organisée par l’Association des maires de France.

Une table ronde organisée le 19 novembre par l’Association des maires de France (AMF) a permis d’aborder « deux écueils pour les maires dans la mise en œuvre quotidienne de la transition écologique, selon Jean-François Vigier, maire de Bièvres, dans l’Essonne et coprésident de la commission Transition écologique de l’AMF. Une planification qui verticalise beaucoup les décisions et nous empêche d’agir, et le manque de financement criant pour répondre à l’urgence climatique. »
Technicité et manque d’ingénierie
Jean-François Vigier a dénoncé des textes réglementaires en décalage avec les capacités des édiles : une directive européenne efficacité énergétique qui prévoit la rénovation à court terme de 3 % du parc de bâtiments publics et une baisse de la consommation d’énergie de 2 %, sans accompagnement concret, et un troisième plan national d’adaptation au changement climatique constitué de 52 mesures sans étude d’impact, sans modalités de financement et sans chiffrer l’ingénierie. « Car l’ingénierie, mes chers collègues, va être la prochaine fracture territoriale, ne nous y trompons pas », a-t-il ajouté.
La question de l’ingénierie creuse les écarts entre petites et grosses collectivités. Le secrétaire d’État à la planification écologique, Augustin Augier, a ainsi reconnu : « Plus les financements sont rares, plus ceux qui ont la capacité d’ingénierie pour aller les chercher se retrouvent bénéficiaires, et ceux qui ne l’ont pas se retrouvent perdants. » La technicité des dossiers constitue également un frein pour les élus locaux. « L’élu arrive, il entend parler de SNBC, d’agenda 2030, d’objectifs de développement durable, de PCAET, de PLUI, de PAT, de plans de mobilité simplifiés… Finalement, il ne sait plus trop vers quoi se diriger », regrette Anne Aubin-Sicard, première adjointe à La Roche-sur-Yon (Vendée).
Des financements manquants
La plupart des édiles font également remonter des difficultés financières. Christian Métairie, maire d’Arcueil (Val-de-Marne), et coprésident de la commission Transition écologique de l’AMF, rappelle : « Il y a 44 000 écoles en France, dont 40 000 qui ne sont pas aux normes en termes d’isolation. Un bâtiment scolaire à rénover, en moyenne, c’est un million d’euros. 40 000 fois un million, ça fait 40 milliards. » Des montants largement supérieurs aux enveloppes disponibles pour les collectivités. « La transition écologique, on la fera, mais en 30 ou 40 ou 50 ans. On ne peut pas la faire en cinq ou six ans : on n’a pas les moyens », ajoute-t-il.
D’autant qu’avec la quasi-disparition de la taxe d’habitation, les communes ont perdu une part importante de leur budget, que la taxe foncière est loin de compenser. « Nous ne pouvons plus compter uniquement sur la taxe foncière : c’est tout le modèle économique territorial qui est à requestionner », estime Florian Berco, maire de Laval en Mayenne et président de France villes et territoires durables.


