Stratégie

Smart Occitania développe des solutions intelligentes en milieu rural

Depuis plus de trois ans, ce smartgrid est un démonstrateur de techniques participant à la transition énergétique en milieu rural. Parmi elles, des solutions, via les stations de pompage, pour mieux intégrer les énergies renouvelables au réseau.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - JUIN 2020
L’une des stations de pompage équipées du boîtier communicant à Bellegarde, dans le Gard. ©DR

« Le constat est simple : les smartgrids se développent principalement dans les villes, alors que la production d’énergies renouvelables et les contraintes du réseau électrique se situent en milieu rural », explique Isabel Garcia Burrel, cheffe de projet Smart Occitania chez Enedis. Accompagné d’autres partenaires, Enedis a donc lancé un démonstrateur – le premier du genre en Europe – pour tester diverses solutions innovantes en milieu rural. En 2017, le projet a été lauréat d’un appel d’offres de l’Ademe. Ainsi, le projet bénéficie d’une aide de 2,6 millions d’euros pour un budget global de 8 millions d’euros pour trois ans et demi d’expérimentation. « L’idée est aussi de participer à l’objectif de la région Occitanie de devenir la première région positive d’ici à 2050 », poursuit Isabel Garcia Burrel.

 

Trois campagnes d’expérimentation

 

Sensibiliser à la transition énergétique

« L’ambition, là, est d’accompagner les collectivités locales et des consommateurs volontaires à la baisse des consommations électriques et d’améliorer l’acceptabilité des énergies renouvelables. Pour cela, nous avons organisé un cycle de 18 mois d’échanges et de réflexions avec des élus et fonctionnaires territoriaux de l’Aveyron, de l’Aude et de la Haute-Garonne, en partenariat avec des syndicats d’énergie et le cabinet Carbone 4 », développe Isabel Garcia Burrel. Les élus les plus réceptifs ont été ceux de l’Aveyron : « essentiellement des représentants de communautés de communes, qui ont davantage de moyens pour agir et des compétences déjà présentes en leur sein. » Des newsletters mensuelles ont aussi été envoyées à un panel de 2000 habitants volontaires, sur le même thème.

Mieux intégrer les énergies renouvelables

« Une grande partie de l’électricité produite par le photovoltaïque à la ferme est injectée dans le réseau. Or, celui-ci n’est pas dimensionné pour cela et, au vu des objectifs en termes de raccordement d’énergies renouvelables, le remplacer coûterait trop cher. Nous avons donc réfléchi, avec le laboratoire de recherche Promes et le groupe Actia, à une solution de stockage via les stations de pompage. Un algorithme prédit les pics de consommation et de production à partir des prévisions météo. Avec l’installation d’un boîtier communicant, la station sait quand il est opportun de remplir ses réservoirs avec le surplus d’énergie produit par les panneaux », détaille la cheffe de projet. Pour le moment, sept stations sont ainsi équipées et le même outil a aussi été installé sur cinq méthaniseurs de la région. Des analyses coût-bénéfice de cette solution sont en cours.

Observer le réseau

En milieu rural, le réseau électrique est particulièrement sensible aux aléas climatiques. « Il est impossible d’enfouir toutes les lignes, mais il faut en revanche, quand il y a un souci, dépanner vite », relate Isabel Garcia Burrel. D’ordinaire, les lignes sont équipées de détecteurs de défauts lumineux sur les poteaux pour déterminer d’où vient la panne. Les agents d’Enedis passent régulièrement vérifier la couleur du voyant, ce qui prend du temps. La solution, pensée avec le groupe Cahors, a consisté à y ajouter des boîtiers communicants et intelligents pour qu’Enedis localise à distance le défaut. Les agents se rendent alors directement à l’endroit de la panne. « Cela permettra de réduire les temps de coupure de 9 %. » Après l’Occitanie, ces détecteurs sont déployés dans la France entière.

D’autres travaux de recherche sont en cours avec l’Institut de recherche en informatique de Toulouse, sur les prévisions des pannes sur les lignes électriques à basse tension et l’optimisation des actions en cas de crise climatique.