Le tour de la question

Un guide sur les bus à hydrogène

L’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible et Mobilité hydrogène France ont publié un livre blanc. Objectif : aider les collectivités et les gestionnaires de flottes publiques à déployer des bus électriques à hydrogène dans les territoires.

PAR ARNAUD WYART - SEPTEMBRE 2020
Pourquoi un bus à hydrogène peut-il être avantageux et dans quelles conditions ? ©Safra

Si les collectivités locales se montrent de plus en plus intéressées par les véhicules à hydrogène, l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (Afhypac) et Mobilité hydrogène France se sont rendu compte que la plupart d’entre elles ne connaissent pas cette technologie. C’est pourquoi les deux structures ont décidé de mettre en commun l’expertise des villes pionnières (Pau, Versailles, etc.) afin de donner aux collectivités une liste d’éléments à intégrer dans leur réflexion et de faciliter leurs choix. En résulte un livre blanc intitulé Comment déployer des bus électriques à hydrogène en France.  « L’idée consiste à apporter un éclairage aux maires et aux collectivités. Le livre blanc fait un point sur la technologie, son niveau de maturité et son positionnement par rapport aux autres solutions. Nous expliquons pourquoi un bus à hydrogène peut être avantageux et dans quelles conditions », explique Valérie Bouillon-Delporte, coordinatrice de Mobilité hydrogène France et vice-présidente de l’Afhypac.

Définir correctement les besoins

Le livre blanc propose une liste de points à étudier pour préparer un projet dans les meilleures conditions. « Dans un marché nouveau, les collectivités doivent d’abord formaliser leurs besoins, rappelle Valérie Bouillon-Delporte. C’est le point le plus important, mais elles ne savent pas toujours par où commencer, ni à qui s’adresser. Une fois la décision politique prise, les équipes techniques se heurtent à de nombreuses interrogations : comment procéder avec un électrolyseur ? Quelle est la réglementation en vigueur ? Quel est le modèle économique ? Etc. » Pour mieux appréhender un projet et définir correctement les besoins, de nombreux paramètres doivent être pris en considération : le périmètre envisagé, les initiatives existantes ou encore la présence d’acteurs qui fabriquent de l’hydrogène. Les collectivités doivent également choisir entre une expérimentation et un passage à l’échelle. « Des villes ambitieuses comme Dijon décident par exemple de passer par une première phase, avant de renouveler la totalité de leur parc, poursuit-elle. Mais derrière, ça n’est pas la même chose si vous décidez de produire votre hydrogène ou de l’acheter. Il faut regarder si la région dispose des ressources pour fournir une électricité valorisable sous forme d’hydrogène. »

Structurer sa réflexion

Une fois le projet dimensionné, les collectivités peuvent choisir la nature de son déploiement en fonction des usages (nombre de bus nécessaires, modèles, niveau de service, etc.). À ce titre, le guide indique les différentes étapes clés du processus de réflexion (infrastructure, coût, portage du projet, acquisition des véhicules, etc.) dans un ordre que les collectivités se doivent de suivre. « Le choix de l’infrastructure, par exemple, vient ensuite car il va dépendre de la feuille de route. La collectivité doit savoir si une station est nécessaire pour son projet et auquel cas, s’il est possible de mutualiser l’usage de celle-ci avec d’autres services, ou si une ligne peut à terme venir s’ajouter. Dans tous les cas, il est nécessaire de se projeter sur une temporalité plus longue », juge la vice-présidente de l’Afhypac. Enfin, outre les questions concernant le budget, la sécurité ou les aides et accompagnements disponibles, les collectivités ne doivent pas oublier la formation du personnel pour assurer l’entretien et la maintenance des véhicules et des équipements, d’autant que le taux de disponibilité des bus est très élevé, ce qui suppose des délais d’intervention rapides.