Stratégie

Des étés tempérés dans l’école de Barberaz

Les élèves et enseignants de l’école de l’Albanne, à Barberaz, en Savoie, n’ont pas été impactés par les périodes de canicule du début de l’été 2026. L’établissement a bénéficié d’une rénovation énergétique effectuée avec des matériaux biosourcés et des énergies renouvelables.

PAR FLAVIAN BONNEAU - OCTOBRE 2026
La production photovoltaïque de l’école de l’Albanne, à Barberaz en Savoie, a été de 81 022 kWh depuis la fin de la partie 1 du chantier. ©Mairie de Barberaz

L’école de l’Albanne, située à Barberaz, en Savoie, compte 275 élèves. Le bâtiment, datant de 1977, n’avait jamais bénéficié d’une rénovation depuis sa création. « La municipalité a donc décidé d’engager un projet de rénovation lourde. L’enjeu était d’améliorer le confort des classes, de réduire la facture énergétique et d’agrandir l’école », indique Laetitia Hedon, déléguée à la transition énergétique à la mairie de Barberaz. L’inauguration a eu lieu le 5 juin 2026 pour conclure les trois ans de travaux nécessaires à ce renouveau.

Budget : 6,5 millions d’euros

Durant cette période, élèves et ouvriers ont dû cohabiter. « Nous ne pouvions pas complètement délocaliser les classes et l’objectif était que les élèves ne soient pas déplacés d’un lieu à un autre. Donc, il y a eu plusieurs phases de chantier et des bungalows installés pour les cours », souligne Laetitia Hedon. Au total, plus de 6,5 millions d’euros ont été déboursés pour l’ensemble du projet. L’État en a financé environ 1 million via le Fonds vert et la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). Des subventions ont également été versées par le Département (480 000 euros), la Région (340 000 euros) et la Collectivité Grand Chambéry et l’Ademe (26 289 euros). Autofinancements et emprunts ont apporté le reste.

Énergies renouvelables et matériaux biosourcés

« Pour la rénovation, la municipalité a décidé de favoriser très largement les énergies renouvelables », rapporte Laetitia Hedon. En effet, l’école est désormais chauffée et rafraîchie grâce à une pompe à chaleur géothermique. En outre, 106 kW de panneaux photovoltaïques sont installés sur les bâtiments. L’énergie est consommée en autoconsommation et le surplus est distribué aux structures communales alentour. L’école a consommé 86 561 kWh d’électricité depuis la fin de la première partie des travaux. « La production photovoltaïque a été durant la même période de 81 022 kWh alors que nous avons eu deux périodes d’hiver. Nous sommes donc proches du bâtiment à énergie positive », affirme Laetitia Hedon.

L’isolation a également été refaite en partie avec des matériaux biosourcés : la toiture et les murs des bâtiments existants sont aujourd’hui équipés de panneaux en fibres de bois et le nouveau réfectoire est isolé avec des bottes de paille compressées. « Ce sont des isolants faits de fibres naturelles et qui sont très denses. En été, ils ralentissent vraiment le transfert de chaleur de l’extérieur vers l’intérieur », précise Laetitia Hedon, qui est également architecte de formation et formée à la rénovation énergétique. L’école possède également de nouvelles fenêtres en bois-alu et des brise-soleil tout autour du bâtiment.

Un résultat très satisfaisant

Tous ces changements ont pour but de baisser la consommation énergétique de l’école de 85 %. Actuellement, les chiffres restent encore à affiner, notamment pour avoir un bilan sur une année complète en fonctionnement optimal et sans chantier. La baisse du montant des factures est toutefois déjà notable, assure Laetitia Hedon. En outre, une étude réalisée au mois de juin 2025 par le cabinet d’étude Epco Énergie sur une classe déjà rénovée a montré que la majorité des usagers (élèves et enseignante) ont témoigné d’un sentiment de confort.

« Pendant le mois de juin 2026, nous avons eu des températures agréables, qui n’ont pas dépassé 28 °C au pic de la canicule. Des personnes pensaient qu’il y avait la climatisation dans le bâtiment », souligne fièrement Laetitia Hedon. Les températures intérieures peuvent encore être optimisées, notamment en sensibilisant les enseignants aux bonnes pratiques en période de forte chaleur, en n’ouvrant pas les fenêtres l’après-midi, par exemple. L’école peut aussi accueillir d’autres usages « comme des stages extrascolaires, ou des populations fragiles dont les habitations ne sont pas adaptées », conclut Laetitia Hedon.

Lutte active contre la chaleur

La deuxième école de Barberaz a participé au projet Racine lancé en 2025. Des brasseurs d’air et des brises-soleil ont notamment été installés. « D’un point de vue organisationnel, les élus se sont relayés pour aller ouvrir les fenêtres de l’école tous les soirs pendant le mois de juin », selon Laetitia Hedon. Grâce à cela, la température des classes n’a pas dépassé les 30 °C alors qu’elle pouvait atteindre les 34 °C en 2025. Lire notre article sur le sujet.

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