Le tour de la question

Responsable énergie : quel profil ? Quand le recruter ? Comment ?

Ils sont les chevilles ouvrières de la mise en œuvre de la transition énergétique au niveau des collectivités. Qui sont-ils ? Le point sur la question avec deux d’entre eux.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - OCTOBRE 2019

Delphine Maisonneuve est responsable du service énergie-climat à la communauté de communes du Thouarsais.
Sébastien Benoist est responsable énergie-environnement à la Roche-aux-Fées communauté.

Sébastien Benoist ©DR
Delphine Maisonneuve ©DR

Quelles sont vos missions ?

Delphine Maisonneuve : Je m’occupe du pilotage de notre Plan climat air énergie territorial (PCAET) et de la démarche Tepos dans laquelle nous sommes engagés.
Sébastien Benoist : J’aide et accompagne les élus dans leurs décisions sur les compétences qualité de l’eau, bocage et biodiversité, énergie-climat. Je travaille notamment sur notre PCAET : aspects techniques, stratégiques, financiers, écriture, mise en œuvre ou encore la concertation interne avec les autres services.

Quel est votre parcours ?

D.M. : J’ai un DUT environnement et une licence pro Verte (valorisation des énergies renouvelables et techniques énergétiques). Ce sont mes stages et ma sensibilité personnelle qui m’ont orientée sur les sujets énergie-climat. J’ai commencé en 2007 au Thouarsais sur un poste de conseillère à la fois info-énergie et énergie partagée. En 2012, je suis devenue conseillère en énergie partagée à plein temps, puis chargée de mission énergie-climat en 2015, au moment où la collectivité renforçait son objectif Tepos, et, enfin, responsable du service depuis 2017.
S.B. : J’ai une maîtrise de géographie orientée aménagement du territoire, puis un post-BTS en gestion de l’environnement. J’ai commencé à Roche-aux-Fées communauté en 2002 comme chargé de mission environnement et occupe mon poste actuel depuis 2008. Ma formation étant généraliste, je me suis formé au fil de l’eau sur divers sujets : biogaz, rénovation du bâti, bois énergie, éolien… En 2009, j’ai obtenu un master en gestion de l’environnement via une validation des acquis de l’expérience.

Selon vous, à quel moment une collectivité doit recruter un poste comme le vôtre ?

D.M. : Le PCAET étant obligatoire pour les collectivités de plus de 20 000 habitants, je pense que dans ces configurations-là, il faut envisager d’avoir quelqu’un à plein temps sur ces questions et ne pas déléguer ça à un prestataire externe. Au début, ce peut être un profil déjà dans la collectivité et travaillant sur une autre mission, l’urbanisme par exemple, mais très vite il faudra qu’il ait du temps pour animer le programme d’actions. Par ailleurs, il peut être intéressant pour les collectivités de se doter de techniciens pour travailler sur l’optimisation des consommations. Ce sont d’ailleurs des postes qui se rentabilisent, via les économies générées.

Quelles compétences, profils et qualités rechercher au moment du recrutement ?

S.B. : Je pense qu’il est préférable de chercher quelqu’un avec un profil généraliste, qui maîtrise le fonctionnement des collectivités, ses partenaires. Les compétences purement techniques peuvent s’acquérir petit à petit. Pour les qualités, je pense qu’il faut être curieux – parce qu’il faut repérer les innovations, les bonnes idées –, et être en capacité de traiter de multiples informations. Il est nécessaire aussi de bien s’exprimer à l’écrit (rapports, notes, dossiers…) comme à l’oral, pour animer des débats et des concertations.
D.M. : Je suis d’accord. Orienter ses recherches sur quelqu’un qui a été formé à la conduite de projets, qui sait organiser, planifier et travailler en transversalité, c’est pour moi la compétence clé. C’est par exemple souvent le profil des diplômés de master en aménagement du territoire et/ou développement durable. Bien sûr, des profils plus techniques, comme le mien, peuvent parvenir à ces postes avec des expériences diverses.

Vers qui se tourner pour bien recruter ?

S.B. : Les collectivités peuvent se tourner vers différents réseaux : le Cler, les Tepos, l’association Amorce, mais aussi bien sûr l’Ademe et nous, qui sommes déjà en poste. Le partage d’expériences reste toujours enrichissant.

Les contacts vers qui se tourner :