Stratégie

Territoires Zéro exclusion énergétique : quels résultats ?

Depuis deux ans et demi, 1 450 ménages précaires ont été accompagnés pour la rénovation énergétique de leur logement grâce à un dispositif spécifique porté par l’association Stop exclusion énergétique.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - JUIN 2026
L’association a déposé pour 2027-2030 un nouveau dossier pour un programme encore plus ambitieux, puisqu’elle vise un accompagnement de 20 000 ménages. ©KH Films Fauves

En France, 500 000 familles vivent avec moins de 10 € par jour et par personne. L’association Stop exclusion énergétique a inventé, en ce qui les concerne, le terme d’« exclusion énergétique ».

En 2023, elle a ainsi lancé le programme Territoires zéro exclusion énergétique, qui vise à mettre en place une méthodologie d’accompagnement des ménages les plus précaires dans la rénovation thermique de leur logement. Financé à hauteur de 15 millions d’euros sur quatre ans par les certificats d’économies d’énergie, il a sélectionné quinze territoires démonstrateurs (des quartiers, des villes, et même un département) pour mettre en œuvre la démarche.

Tisser un lien de confiance

« Nous accompagnons les ménages de A à Z, depuis leur identification jusqu’aux travaux, et même après, via la sensibilisation aux écogestes nécessaires une fois que les travaux sont réalisés », résume ainsi Bernard Saincy, président de l’association. Pour ce faire, 165 « ensembliers solidaires » ont été formés : ce sont des personnes travaillant déjà dans des structures du secteur (comme Soliha, Dorémi, les Compagnons bâtisseurs…).

Elles doivent avoir des savoirs techniques, pour proposer des travaux, les budgétiser, chercher des artisans et les financements, mais aussi, ce qui est plus rare à l’heure actuelle, des compétences dans le domaine social. « Nous les formons notamment sur cet aspect, car le fait de tisser un lien de confiance avec les ménages est capital », poursuit Bernard Saincy. Objectif affiché sur la période 2023-2026 ? Accompagner 1 960 ménages. Pour le moment, 1 450 ont été suivis (c’est-à-dire que les contrats ont été signés) et 500 sont « en portefeuille ». Cent rénovations sont terminées. Les objectifs devraient être atteints.

Vingt jours d’accompagnement

« Le programme permet de financer vingt jours d’accompagnement par ménage (6 500 € dans les quartiers urbains, 7 000 € en zone rurale) avec l’ensemblier solidaire, ce qui permet beaucoup de rencontres et de discussions. L’ambition est que la totalité du parcours dure un an maximum, sachant que les travaux à proprement parler représentent en général trois mois. Ce qui prend beaucoup de temps, c’est la création du lien, mais aussi le dépôt et l’octroi des aides MaPrimeRénov’ par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). »

Pour le moment, 85 % des ménages accompagnés sont considérés comme « très modestes » par l’Anah et 15 % comme « modestes ». La moitié des ménages sont des personnes isolées, l’autre moitié des couples, dont 30 % en activité. Ce sont toujours des propriétaires occupants, à 95 % en logement individuel.

Rénovation performante

« Après un diagnostic de performance énergétique, on définit les travaux du projet pour parvenir à une rénovation globale performante : isolation de la toiture, isolation des murs, plafonds hauts et bas, changement du système de chauffage et de ventilation, menuiseries. Il y a toujours ces cinq gestes, avec des travaux soit par étapes, soit en une fois, sachant qu’une solution de relogement est quasi toujours proposée en lien avec les collectivités. »

L’association a déposé pour 2027-2030 un nouveau dossier pour un programme encore plus ambitieux, puisqu’elle vise l’accompagnement de 20 000 ménages. « L’idée serait de créer une véritable filière de la rénovation énergétique des logements modestes, avec des professionnels formés à la technique et au social », conclut Bernard Saincy.

En chiffres
  • Coût moyen d’une rénovation : 75 000 €, dont souvent 10 % de reste à charge pour les ménages.

  • Économies moyennes sur les factures d’énergie : 2 663 € (10 GWh sur trente ans).

  • Émissions CO2 évitées : 9 250 t éq CO2.

  • En général, deux sauts de classe sur le DPE (souvent de F à D), voire trois.

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